Connaissez-vous l'Alose savoureuse ? par Robert Bond

(Alosa Sapidissima)

     Voici quelques informations sur ce poisson qui vient de l'Atlantique, tout comme le Saumon atlantique et autres qui viennent frayer en eau douce et qui cherchent à retrouver les minéraux de leur rivière natale.

     Cette espèce commence sa migration en Floride au mois de janvier et des familles se retrouvent dans la Baie-de-Fundy et continuent leur périple dans les rivières du nord en Nouvelle-Angleterre, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et au Québec.

Connaissez-vous l'Alose savoureuse?
     Au sud, c'est-à-dire en Floride, l'alose vient frayer et lors de la dévalaison elle meurt à cause de la température de l'eau qui est trop élevée. En Nouvelle-Angleterre, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et au Québec elle ne meurt pas, donc elle peut revenir frayer plusieurs fois. Pour son voyage vers le Québec elle longe la côte de la Gaspésie en passant près de l'île-Verte et à la hauteur de l'île-d'Orléans. Elle continue sa migration jusqu'à Québec. Par la suite elle se dirige vers la rive nord car d'instinct ce poisson recherche l'eau brune. Elle continue donc son périple vers Trois-Rivières (rive nord) et poursuit jusqu'à Montréal en empruntant la rivière des Mille-Îles, la rivière des Prairies et le fleuve au sud de Montréal, pour se diriger vers sa rivière natale qui est la rivière Outaouais.

     Mais depuis la création du barrage de Carillon, une frayère s'est implantée sur le Lac-des-deux-Montagnes (seul endroit au monde où l'alose fraye à une profondeur de 12 à 20 pieds de profond alors que tout le long de la côte elle fraye dans des conditions d'eau basse).

     Sa vitesse de migration varie selon la température de l'eau et l'ensoleillement, condition de progression rapide si c'est ensoleillé, par temps nuageux la progression est plus lente. Entre l'Île-Verte et Québec elle peut atteindre 40 milles par jour. Entre Québec et Trois-Rivières ou Montréal sa vitesse peut être de 50 milles par jour. Donc c'est un poisson à nage rapide. Elle se tient entre deux eaux pour éviter les obstacles possibles sur son parcours. On ne la retrouve pas sur la Côte-Nord car l'eau est trop froide et n'est pas brune. On peut cependant en retrouver quelques-uns dans la rivière Batiscan à une certaine distance de l'embouchure et en face de l'embouchure de la rivière Saint-Maurice. Mais ce ne sont que des prises accidentelles.

     Il faut s'efforcer de trouver des sites propices pour la pêcher comme au pied d'un obstacle majeur, dans les changements de courant, sur les fonds de rivières composés de gravier, de sable ou de galets.

     Ce poisson a la bouche très fragile. Il ne faut donc jamais le forcer. Il est de même très nerveux et ne se nourrit pas lors de la montaison. Son passage en eau douce lui fait noircir le dos comme tous les poissons d'eau salée. Ne jamais le prendre par la queue car elle est flexible contrairement au saumon. De plus, ne jamais le prendre par le ventre car vers la queue il y a comme des dents et ça coupe! Vous pouvez le saisir par la tête à côté des nageoires. Il ne respire plus et c'est creux, ça obéit bien car la bouche est comme un tambour.

     L'Alose savoureuse est un poisson qui, poids pour poids, est comparable en combativité au saumon. Une alose de cinq livres va vous dérouler ça et vous allez vous retrouver dans votre réserve et alors attention : il faut paumer mais ne pas bloquer. C'est peut-être pourquoi il a été surnommé le Saumon des pauvres et Poisson des pauvres. Pour un poisson de la famille des harengs ce n'est pas si mal!

     Elle sera parmi nous bientôt. Pour la région de Montréal on la pêche entre le 15 mai et le 15 juin. Par la suite, lors de la dévalaison, l'alose descendra vers la mi-juillet et par la suite les alevins dévaleront vers la mi-août selon la température et la fraye.

     Lors de la dévalaison des adultes ils redescendent en masses compactes. De même pour les alevins dont on pourra observer la présence en ayant l'impression de voir un coup de vent sur l'eau concentré en un endroit et se déplaçant rapidement avec une augmentation du niveau d'eau.

     Pour la consommation toutes les recettes de hareng s'apprêtent à l'alose. Mais attention aux arrêtes de structure qui sont très visibles.
L'alose est pêchée à la dandinnette, aux cuillères (rouge et blanc; jaune et rouge), à la Meps numéro 3 argent, pour ce qui est du lancer léger. Nous vous proposons plus loin différents choix en ce qui concerne la pêche à la mouche.

     Je la pêche depuis l'âge de 17 ans à la mouche et je trouve des nouveaux patrons de mouches que j'essaie année après année. Je fais des échanges avec d'autres moucheurs d'ici, d'autres pays et états. Mais je reviens toujours à des combinaisons de couleur rouge, blanc et argent qui sont les plus productives.

     Je vous dirais même qu'au Nouveau-Brunswick on ne péchait pas ce poisson à la mouche auparavant. Mais plusieurs personnes se sont intéressées à mes observations et après leur avoir laissé quelques échantillons de mouches à utiliser dans leurs rivières j'ai retrouvé mes mouches dans diverses revues (ex. : La Shad I, l'Alose II, III, IV, qui a été nommée la Savoureuse.

     Par cet article j'ai essayé de vous donner un bref aperçu de ce poisson que j'aime tant pêcher au Québec, à Montréal, au Nouveau-Brunswick à la rivière Miramichi et St-John, ainsi qu'en plusieurs rivières de Nouvelle-Écosse, de l'île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Angleterre. Nos amis du sud l'ont nommée "American Shad" et c'est le premier poisson à être ensemencé en Amérique-du-Nord. En passant, la famille du hareng est l'une des espèces où l'on a fait le plus de recherche à cause de sa valeur commerciale (la sardine ça vous dit quelque chose?).

     Vous trouverez plus loin d'autres informations qui vous seront certainement utiles puisqu'elles sont extraites et résumées de plus de 30 soirées d'information données sur ce poisson depuis 1984.

     Pour de plus amples informations sur l'alose, ou si vous avez observé quelque chose sur elle qui pourrait m'intéresser, n'hésitez pas à communiquer avec moi au (514)-351-0478.

     Au plaisir de la pêcher et de la connaître. Bonne pêche!

références

» Texte Robert Bond
» Pêche à la mouche Québec (Atos) Mai 1994.

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