La Couleur de la soie par Gilles Aubert

     Avez-vous consulté dernièrement les catalogues des fabricants de soies à moucher? On petit s'en procurer arborant les couleurs les plus voyantes de l'arc-en-ciel. La couleur a-t-elle de l'importance pour obtenir plus de succès? Les traditionalistes (et j'en suis un) soutiennent que les couleurs pâles sont à recommander pour les soies flottantes. Vus de sous la surface, le blanc et l'ivoire ne tendent-ils pas à se confondre avec le ciel? Selon la théorie de l'évolution de Darwin, tous les oiseaux ont le ventre blanc pour moins effrayer leurs proies sous l'eau.

LA COULEUR DE LA SOIE
     Cependant, je dois admettre que les soies flottantes aux couleurs éclatantes ont aussi leur place. N'est-il pas plus facile de suivre le déplacement d'une telle soie dans les airs pour apprendre les manières de lancer ou en corriger les erreurs? Ne permet-elle pas aussi à l'œil de voir plus facilement l'artificielle, surtout si c'est une imitation d'une émergente emprisonnée dans le film de l'eau ou qu'elle est montée sur un hameçon très petit? Certes, la soie de couleur éclatante peut davantage effrayer le poisson que celle de couleur claire, mais il est possible d'y remédier. Évitez toujours de faire des faux-lancers au-dessus de son repaire et aussi d'y déposer la soie.

     Mais cette directive s'applique d'ailleurs à tous les moucheurs, peu importe la couleur de leur soie. Et si vous attachez un bas de ligne assez long, davantage en période d'étiage ou en lac, il y a peu de possibilités que le poisson soit effarouché.

     Par ailleurs, la couleur des soies entièrement calantes, de même que celle de la partie plongeante des soies à bout calant ne devraient pas être voyantes. Connaissant l'acuité visuelle des poissons, à tout le moins ceux de la famille des salmonidés, il est préférable d'opter pour une couleur qui se marie plutôt bien avec leur environnement sous-marin.

Le nœud de raccordement

blood knot
     Je ne vous apprends rien en vous disant que le nœud de raccordement (blood knot) sert à joindre deux segments du bas de ligne, soit pour l'allonger soit pour changer le bout (tippet). Ce sont pour ainsi dire deux nœuds d'anguille (clinch knot) rattachés l'un à l'autre. Il est important de faire quatre ou cinq tours, et toujours un ou deux de plus avec le brin du diamètre le plus fin. De plus, avant de serrer solidement le nœud, bien mouiller les brins assure une meilleure résistance à l'abrasion et empêche qu'il se dénoue. Une fois le nœud complété, coupez l'excédent.

     Si vous désirez nouer plus d'une mouche au bas de ligne, assurez-vous que l'un des bouts soit assez long pour y attacher l'artificielle. Je vous rappelle que le nœud de raccordement ne sert qu'à joindre deux segments de bas de ligne de même diamètre ou très peu différent. À titre d'exemple, si vous joignez un segment d'une résistance de 15 lb avec un de 8 lb, il Y a fort à parier que le nœud se défasse. Et il n'est pas souhaitable de perdre un poisson-trophée pour cette raison. On peut toutefois pallier la situation, et ce sans crainte que le nœud lâche : il s'agit simplement de doubler l'extrémité du segment le plus fin, en le repliant sur lui-même, avant de procéder aux étapes d'attache.

Référence

» Texte & Photo: Gilles Aubert.
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.

Page 5 sur 8