Pierre Tremblay a des Mouches dans la Tête ! par André-A Bellemare

     S’il y a quelqu'un au Québec qui a des mouches dans la tête, c'est bien Pierre Tremblay, du quartier Limoilou de Québec! Ce jeune homme de 29 ans ne vit que pour et par la pêche à la mouche artificielle depuis sa tendre enfance. Lorsque des adeptes de la pêche à la mouche parlent entre eux du «mouchologue», tous savent que c'est de Pierre Tremblay dont il s'agit.

     C'est à l'âge de sept ans qu'il a commencé à s'adonner à la pêche à la ligne, au lac de la Retenue (à l'Ange-Gardien, au nord-est de Québec), alors qu'il passait l'été au chalet de ses parents. Mais, à cause de sa passion pour la pêche, ses parents lui achetèrent une canne à moucher, une «Algonquin» en fibre de verre: il apprit à lancer en suivant les conseils de son père et des voisins.

     Il se rendit rapidement compte qu'il ne pouvait trouver sur le marché toutes les mouches qu'il désirait; par ailleurs, en un an, le prix des mouches «Citadelle» avait passé de 0,19 $ à 0,39 $. À l'âge de 12 ans, il demanda à ses parents de l'inscrire à des cours de montage de mouches.

     Le Casting Club de Québec est rapidement devenu la deuxième «famille» de Pierre Tremblay. Dès l'hiver 1975, alors qu'il n'était âgé que de 14 ans, Pierre commençait à participer aux concours, tournois, expositions et démonstrations organisés par le club, événements au cours desquels il remporta une avalanche de trophées. Il fut champion provincial du lancer de la mouche en 1982, puis trois fois champion mondial du montage des mouches à saumon (1984, 1985 et 1986).

     Pierre Tremblay a fait des études au Cégep de Limoilou pour devenir technicien en mécanique du bâtiment. Mais, dès 1981, après avoir donné des cours aux adultes en montage de mouches à pêche et en fabrication de cannes à pêche, au Cégep de Limoilou, il décida de créer une boutique spécialisée dans la vente d'outils, de matériaux et d'équipement pour les monteurs de mouches, les fabricants de cannes à pêche, les adeptes de la pêche à la mouche et les saumoniers: «Le Coin du Moucheur».

     Au cours des dix dernières années, Pierre Tremblay n'a cessé de participer à tous les congrès, colloques, conclaves, séminaires, expositions, salons et démonstrations réunissant des pêcheurs à la mouche.

     Bien que son commerce accapare la majeure partie de son temps, Pierre Tremblay ne cesse pour autant de s'adonner à sa passion de la pêche à la mouche. Évidemment, s'il n'en tenait qu'à lui, c'est 365 jours par année qu'il y consacrerait, surtout sur les rivières à saumon. «La pêche à la mouche, c'est une façon de vivre complète pour moi. Je serais excessivement malheureux si je ne pouvais plus sortir de mon établissement commercial et reprendre contact avec la nature. Il me faut absolument aller sur les rivières, pour augmenter constamment mes découvertes et en faire profiter tous les moucheux. Jusqu'à maintenant, j'ai péché et pris des saumons dans 24 rivières, mais je ne serai pas content tant que je ne les aurai pas toutes faites! Je veux découvrir des endroits de pêche nouveaux, être à la fine pointe de la technique de pêche, connaître toutes les mouches et tous les matériaux pour les fabriquer, utiliser toute pièce d'équipement mise en marché».

     Pierre Tremblay entrevoit un avenir fantastique pour la pêche à la mouche au Québec. «Depuis une décennie, les Québécois ont accès à un nombre incalculable de ruisseaux, de rivières et de lacs à pêche. Ils se sont rendu compte qu'ils pouvaient récolter des poissons d'un grand nombre d'espèces en utilisant des mouches artificielles. Ils ont compris que la pêche à la mouche est une technique beaucoup plus raffinée et beaucoup plus sportive de pratiquer leur sport favori.

     Ils ont compris qu'ils pouvaient fréquenter beaucoup plus d'endroits de pêche intéressants s'ils adoptaient cette technique de pêche: la pêche à la mouche est obligatoire pour fréquenter les rivières à saumon et de plus en plus de bons lacs à grosses truites sont réservés aux moucheurs. Pour un moucheur, ce n'est pas la quantité des prises qui importe mais la qualité de l'expérience de pêche. A mesure que le nombre des pêcheurs sportifs augmente, il va falloir adopter une technique permettant de remettre vivants à l'eau des poissons pour le bénéfice des générations actuelles et futures: la pêche à la mouche artificielle est tout indiquée pour assurer la protection et la survie de notre patrimoine halieutique!»

Références

» Texte & Photos: André-A Bellemare (Juillet 1991).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.

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