Saumon; Pêche pour Tous par Gérard Bilodeau

     Depuis une quinzaine d’années, le mouvement de démocratisation des rivières à saumon de la province a permis une grande accessibilité à tous les pêcheurs désirant se mesurer au saumon atlantique.

Saumon; Pêche pour Tous
     Bien des pêcheurs québécois rêvent encore de pêcher le saumon atlantique anadrome. Aussi incroyable que cela puisse paraître, bon nombre d'entre eux croient encore, à tort, que cette pêche sportive fabuleuse est l'apanage de richissimes individus. Ces mêmes pêcheurs ignorent qu'au cours des quinze dernières années, un mouvement de démocratisation a rendu accessible un grand nombre de rivières à saumon situées de chaque côté du Saint-Laurent.

     La pêche sportive du saumon atlantique est souvent associée à la Gaspésie, même si la Côte-Nord offre maintenant aux saumoniers de belles rivières facilement accessibles. Il ne faut pas oublier que la Gaspésie a vu naître le mouvement de démocratisation des rivières à saumon. C'est en 1949, à Matane plus précisément, sous l'influence de mon ami feu François de Beaulieu Gourdeau, que le mouvement vers une plus grande accessibilité a véritablement vu le jour. Mais il a fallu attendre les années 1970 et le début d'une préoccupation plus grande pour les loisirs pour voir cette accessibilité se concrétiser. Aujourd'hui, le saumonier n'a que l'embarras du choix quand vient le temps de jeter son dévolu sur l'une ou l'autre des rivières à saumon du Québec.

     Afin de vous aider à faire un choix judicieux, j'ai visité quatre rivières à saumon qui coulent dans la péninsule gaspésienne. Il s'agit des rivières Sainte-Anne, Saint-Jean, Matapédia et Patapédia. Ces cours d'eau, gérés par la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), sont divisés en secteurs accessibles selon diverses modalités. Mais ces rivières possèdent un point commun au chapitre des modalités d'accès: on retrouve dans chacune d'elles au moins un secteur accessible à la plupart des saumoniers, quel que soit leur moyen financier, en raison des tarifs relativement bas qui sont exigés. Comme toute rivière à saumon possède son caractère distinct (les québécois s'y connaissent en cette matière...) je vous les présenterai une à une dans les lignes qui vont suivre.

Le secteur aval de la Sainte-Anne

     La rivière Sainte-Anne prend sa source dans les grandioses monts Chic-Choc, dans le parc de la Gaspésie. Les eaux de cette rivière sont froides et claires comme du cristal, même durant l'été, ce qui procure aux saumons qui l'habitent tout le confort voulu.

     Notre premier arrêt selon l'itinéraire que nous nous sommes tracé est Sainte-Anne des Monts, puisque nous voulons y «faire l'ouverture» le lendemain, soit le 24 juin. Nous nous rendons immédiatement chez Roger Pelletier afin d'obtenir les dernières nouvelles.

     «Les gars ont parcouru la rivière cette semaine et ils ont vu des saumons dans plusieurs fosses, de dire Roger avec empressement. Ça augure bien pour demain», conclut-il.

     Avec sa verve habituelle et son enthousiasme contagieux. Roger Pelletier nous vante l'excellente qualité de pêche du saumon qu'offre le secteur aval de la rivière Sainte-Anne. Je pouvais renchérir ses propos car j'avais déjà eu l'occasion de pêcher ce secteur quelques fois auparavant. Évidemment devant tous ces dires, Pierre Mercier trépigne d'impatience. Il lui tarde de faire dériver sa mouche dans les eaux vives d'une fosse: il se voit déjà aux prises avec un gros saumon.

     Ce désir de prendre du gros saumon sur la Sainte-Anne est tout à fait réaliste puisque la rivière en contient plusieurs. A chaque saison, des spécimens de 30 à 40 livres (de 13 à 18 kg) succombent à des mouches bien présentées. Mais des saumons dépassant 40 livres montent la rivière chaque été. Au cours de l'été 1989, le guide Raymond Pelletier a piqué et échappé un saumon qui frisait les 50 livres (22,7 kg), selon son estimation. Immanquablement à chaque saison, des pêcheurs rapportent avoir observé d'immenses saumons à côté desquels les saumons de 15 ou 20 livres (6,8 à 9,1 kg) font piètre figure. Contrairement à une croyance malheureusement répandue chez les saumoniers, les gros saumons de la Sainte-Anne ne se retrouvent pas tous dans les fosses situées en amont de la rivière. Bon nombre d'entre eux n'hésitent pas à demeurer quelques temps, voire même en permanence, dans l'une ou l'autre des superbes fosses du secteur aval.

C'est un départ

     Tôt le 24 juin, nous nous retrouvons enfin, fébriles, sur le bord de la Sainte-Anne. Le niveau de l'eau est bon, les compagnons sont charmants et le temps est superbe; tous les éléments semblent s'être réunis pour que la journée soit réussie. Nous avons beaucoup de «travail» devant nous (eh oui! il faut bien se sacrifier...) car nous désirons voir les 41 fosses du secteur aval, réparties sur quinze kilomètres et mouiller nos mouches dans quelques-unes, bien sûr.

     Ce secteur contingenté reçoit 14 perches. Un simple calcul permet d'établir un ratio de près de trois fosses par perche (ou par pêcheur); quand on sait que la plupart des pêcheurs forment des groupes de deux, on en arrive à un ratio de près de six fosses par groupe. Évidemment, ces données sont théoriques, mais elles témoignent tout de même de la faible pression exercée sur l'ensemble du secteur. Alors ne soyez pas étonnés si vous ne voyez pas l'ombre d'un saumonier dans les eaux d'une fosse durant toute une journée, surtout si vous évitez les fosses populaires.

     Le défaut de bon nombre de saumoniers est d'investir de nombreuses heures à pêcher les fosses dites populaires. Plusieurs rétorqueront que ces fosses contiennent beaucoup de saumons et que cela justifie d'y passer beaucoup de temps. Ce n'est pas entièrement faux. Mais en agissant ainsi ces saumoniers se privent de découvrir d'autres fosses qui, même si elles renferment moins de saumons, peuvent être tout aussi productives.

     Quand Roger et Pierre arrivent à la fosse Cécile, en milieu d'après-midi, ils se rendent compte qu'aucune trace de bottes n'apparaît dans le sentier boueux menant à la rivière. Il faut reconnaître que cette fosse, de type en coulée (que les pêcheurs appellent «run». en anglais) n'est pas attirante au premier regard. Mais aux yeux des saumons, il en est autrement... Pierre insiste pour que Roger pêche le premier. Après quelques lancers, la mouche noyée passe à côté de la grosse roche et... la soie se tend brusquement faisant décrire un arc de cercle à la canne en fibre de carbone. La présence de nombreux crans de roche et la vitesse de l'eau rendent la bataille difficile, mais Roger a déjà vu neiger... Au bout de plusieurs minutes, le saumon montre des signes de fatigue et Pierre peut le saisir avec le queuetard. «A ton tour maintenant», de dire Roger d'un ton moqueur, à l'intention de Pierre pendant que je prends quelques photos.

     Pierre ne met pas beaucoup de temps à passer à l'action. Vers cinq heures, un saumon happe sa mouche alors qu'il couvrait le rapide de la fosse Petit Islet. A l'instar de celui de Roger, ce saumon lui donne du fil à retordre, ce qui est normal compte tenu que nous avons affaire à des saumons frais. Pierre manoeuvre très bien et finalement son saumon se retrouve sur la berge. Pour ma part, je suis comblé car j'ai saisi toute l'action sur pellicule photographique. Finalement, pour clore cette journée inoubliable, un grand saumon vient gober mon Oiseau brun. Au poste de contrôle, nos saumons font respectivement 15,5 lb (7.7 kg). 9,7 lb (4,4 kg) et 21 lb (9,6 kg).

Renseignements additionnels

     La pêche du saumon dans le secteur aval est bonne durant toute la saison. Habituellement, la saison débute vers la Saint-Jean Baptiste pour se terminer à la mi-septembre. A compter du 1er septembre, le nombre de perches passe de 14 à 10. Une partie des perches peut être réservée à l'avance, au cours de l'hiver, alors que le reste des perches sont offertes 48 heures à l'avance.

     Dans un cas comme dans l'autre, vous devez composer l'un ou l'autre des numéros suivants: (418) 890-5349 ou 1-800-462-5349. Vous pouvez aussi appeler directement au bureau de la SEPAQ à Sainte-Anne-des-Monts, 24 heures à l'avance pour vérifier s'il reste des perches disponibles; le numéro à composer est le 418-763-3039 à compter de 10 h. Le tarif demandé en 1991 pour pêcher le secteur aval sera de 32 $ par jour. Il existe un autre bon secteur sur la Sainte-Anne que nous n'avons pu visiter au cours de ce voyage mais que j'ai déjà eu l'occasion de fréquenter. Il s'agit du secteur amont (pêche à pied, sans services de guide): le tarif quotidien demandé pour y pêcher est de 46$. Le nombre de perches par jour est limité à deux et les réservations se prennent au cours de l'hiver en composant le numéro mentionné précédemment.

     Dans le secteur aval, la pêche se fait à pied ou à gué selon le niveau de l'eau. Je vous recommande fortement de porter des bottes-pantalons en tout temps afin de pouvoir faire face à n'importe quelles conditions. L'équipement à utiliser (cannes, moulinets, soies et bas de ligne...) dépend des goûts de chacun. Un bon conseil toutefois: en début de saison, alors que l'eau est haute, munissez-vous d'un moulinet comportant un système de tension à toute épreuve, étant donné les difficultés que certains saumons géants pourraient vous causer si vous aviez la chance d'en ferrer un.

     Depuis quelques années, sous l'égide de la SEPAQ et de l'Association chasse et pêche gaspésienne, la Sainte-Anne fait l'objet de travaux d'aménagement et de restauration. Afin d'en savoir plus sur les saumons qui la fréquentent, une barrière de comptage a été installée dans la rivière, non loin de la mer. Aussi, des prélèvements de géniteurs sont faits à chaque automne. Les jeunes saumons issus de la ponte sont déposés dans la rivière le printemps suivant. Finalement, on projette de construire une passe migratoire afin d'ouvrir de nouveaux territoires pour la fraye, augmentant ainsi le potentiel de croissance de la population de saumons de cette rivière. Selon les biologistes, le nombre optimal de géniteurs sur la Sainte-Anne est de 800. Les décomptes faits au cours des dernières années ont révélé que ce nombre avait été atteint. Finalement, vous pouvez loger au Gîte du Mont Albert, établissement géré par la SEPAQ, situé dans le parc de la Gaspésie. En plus d'y trouver gîte et couvert, vous pourrez faire connaissance avec la flore et la faune uniques des environs en participant à l'une des nombreuses activités organisées.

Le secteur aval de la rivière Saint-Jean

     La baie de Gaspé reçoit les eaux de trois célèbres rivières à saumon: la Dartmouth, la York et la Saint-Jean. Les deux premières rivières ont fait beaucoup parler d'elles au cours des dernières années, reléguant presque dans l'ombre la Saint-Jean.

     Pourtant, cette rivière n'a rien à envier aux autres. Située à proximité de Gaspé, le secteur aval de la Saint-Jean offre une qualité de pêche qui s'est améliorée beaucoup ces dernières années, après avoir connu quelques saisons difficiles. C'est probablement pour cette raison qu'il est encore assez facile d'y réserver des perches, surtout au mois d'août. Avis aux intéressés(es)...

     Le secteur aval de la rivière Saint-Jean compte 15 fosses bien identifiées, réparties sur 10 kilomètres et facilement accessibles par deux routes de gravier. La route qui longe la partie nord de la rivière donne accès à toutes les fosses, alors que celle qui se trouve du côté sud permet de rejoindre un nombre limité de fosses. Au total, 10 saumoniers peuvent fréquenter quotidiennement le secteur aval de la Saint-Jean, moyennant un déboursé de 33$ seulement.

     En arrivant sur le bord de la rivière, au début de la matinée du 25 juin, Pierre Mercier et moi avons rencontré Luc Desrosiers et le docteur Georges Duguay, tous deux de Gaspé. Ils étaient fiers de nous montrer les saumons qu'ils avaient récoltés tôt le matin. Pour Georges Duguay, la Saint-Jean est une rivière de rêve. Il la fréquente d'ailleurs fidèlement depuis 25 ans. Durant le reste de la journée, Pierre et moi avons fouetté chaque fosse malgré un soleil de plomb. Nous avons pris un soin particulier à pêcher les fosses Birches, Burnett, Blackwells, Laws, Mosquito et Wild Rose. Mais seules quelques belles truites de mer ont montré un intérêt envers nos mouches.

Renseignements additionnels

     La pêche du saumon dans le secteur aval de la Saint-Jean atteint son summum en début de saison, comme c'est d'ailleurs le cas sur la plupart des rivières à saumon du Québec. Mais les saumoniers n'ont aucune raison de la bouder durant le reste de l'été. Il y a quelques années, mon frère Michel était de passage à Gaspé vers la fin de juillet, en pleine période des vacances estivales. Il n'a eu aucune difficulté à obtenir un droit d'accès étant donné la faible demande. La journée a été bien remplie: truites de mer et saumons lui ont procuré beaucoup d'action à une période de l'année où tous croient que la pêche décline. Il arrive parfois que le mois d'août connaisse des remontées tardives de saumons.

     Les fosses du secteur aval ne semblent pas être également productives. Selon les informations que j'ai obtenues, il est préférable de pêcher tout d'abord les fosses que j'ai énumérées plus tôt, quitte à essayer les autres après si rien n'a bougé. La pêche sur toutes les fosses se fait à pied ou à gué. Le secteur aval peut recevoir dix perches par jour; six perches sont disponibles lors de la réservation en présaison (l'hiver), et les quatre autres doivent être retenues 48 heures à l'avance. Pour réserver, il faut composer (418) 890-5349 ou le 1-800-890-5349. Vous pouvez aussi tenter votre chance 24 heures à l'avance, en contactant le bureau de Gaspé au (418) 368-3444.

     Comme le secteur aval de la Saint-Jean se trouve à quelques minutes de la ville de Gaspé, vous y trouverez là tout ce qu'il faut pour vous loger et vous nourrir. Toutefois, à quelques kilomètres au sud de Gaspé, en direction de Percé, l'Auberge du Fort-Prével offre gîte et couvert. François de Beaulieu Gourdeau ne manquait jamais une occasion de prendre un repas à la salle à dîner de l'Auberge. Je vous suggère fortement de goûter la bouillabaise du chef Armel Béland, arrosée, bien sûr, d'un bon vin. Toute la famille se plaira à Fort-Prével en raison du confort, de la beauté du site et des nombreuses activités que l'on peut y pratiquer.

Le secteur 1 de la Patapédia

     Ma première visite sur la Patapédia, que les saumoniers nomment affectueusement la «Pat», remonte à 1980. Depuis ce temps, j'y suis retourné de nombreuses fois mais toujours pour pêcher dans le secteur 2, celui où Ton descend en canot pendant 3 jours.

     J'avais donc hâte de mouiller mes mouches dans les fosses du secteur l, surtout après que Richard Firth, responsable pour la SEPAQ des opérations sur les rivières Matapédia et Patapédia, nous eut décrit les beautés de ce secteur.

     La rivière Patapédia fait partie du bassin hydrographique de la rivière Restigouche rendue célèbre auprès du public ces dernières années en raison de la couverture par les différents médias de la pêche du saumon au filet pratiquée par les autochtones de Pointe-à-la-Croix. La rivière Patapédia rejoint la rivière Restigouche à une centaine de kilomètres en amont de Matapédia. À cet endroit, il y a une fosse célèbre où tous les saumoniers souhaitent pêcher un jour: le Million Dollar Pool. Normalement, en fin de saison, cette fosse contient à elle seule plus de 3 000 saumons... De quoi rêver!

     Évidemment, la Patapédia ne contient pas autant de saumons, mais il y en a tout de même juste assez pour vous amuser. Imaginez la situation sans les filets de Pointe-à-la-Croix qui sont toujours tendus au moment où les gros géniteurs amorcent leur remontée de la rivière... Les premiers groupes de saumons, constitués de spécimens pouvant atteindre 40 à 50 livres (18,2 à 22,7 kg), arrivent dans la Patapédia dès la fin mai et s'empressent de rejoindre l'amont de la rivière. Les saumons qui arrivent plus tard durant l'été flânent généralement plus longtemps dans les premières fosses de la rivière: la pêche dans le secteur 1 de la «Pat» devient donc bonne à partir de la mi-juillet.

     Pierre Mercier et moi avons passé une journée à pêcher les 15 fosses du secteur 1 de la «Pat» sans rencontrer âme qui vive. Même si nous n'avons pas capturé de saumons, le déplacement en valait la peine.

Renseignements additionnels

     Le secteur 1 s'étend du mille 7 au mille 2. Comme aucun chemin ne longe la rivière, il faut la descendre en canot. Cette descente requiert une embarcation d'au moins 16 pieds car il est impossible de pêcher à pied dans certaines fosses. La rivière ne présente aucune difficulté majeure, de sorte que les canotiers maîtrisant les techniques de base pourront s'en tirer facilement. Vous devrez éviter autant que possible de passer sur la fosse afin de ne pas effrayer inutilement les saumons; avant de vous engager dans le rapide en tête de fosse, entendez-vous avec votre compagnon afin d'accoster la berge rapidement et au bon endroit. En observant attentivement, vous n'aurez pas de mal à identifier les fosses à l'avance, ce qui vous permettra ainsi de mieux planifier votre approche. Pour ceux qui le désirent, vous pouvez retenir les services d'un guide. A cet effet, une liste des guides disponibles peut être obtenue en contactant le bureau de la SEPAQ à Causapscal (418-756-5787) ou à Matapédia (418-865-2080).

     Il faut compter environ deux heures pour rejoindre la rivière au mille 2 à partir de Causapscal. Ensuite, la SEPAQ offre le transport du mille 2 au mille 7 pour un tarif d'environ 30 $, ce qui vous permet de disposer de votre véhicule dès votre arrivée au mille 2 en fin de journée.

     Le Québec et le Nouveau-Brunswick exploitent conjointement le secteur 1 de la Patapédia puisque le cours de la rivière est limitrophe. En raison de la réglementation qui prévaut chez la province voisine, seuls les castillons peuvent être gardés; vous devez obligatoirement gracier les grands saumons. Le nombre de perches est limité à deux et la pêche est pratiquée sur une base quotidienne, en alternance avec le Nouveau-Brunswick. Vous pouvez réserver vos perches 48 heures à l'avance en composant (418) 890-5349 ou 1-800-890-5349. De plus, vous pouvez vérifier 24 heures à l'avance la disponibilité des perches en composant (418) 756-5787. Le droit de pêche quotidien par personne s'élève à 26 $. En passant, le taux de succès moyen des 5 dernières saisons oscille autour de 50%... Pas si mal, hein!

Les secteurs non contingentés de la Matapédia

     La dernière rivière et non la moindre, tant par son débit que par les saumons parfois impressionnants qui l'habitent, est probablement celle que les saumoniers connaissent le plus. La Matapédia, ouverte au public depuis le début des années 70, s'est en effet taillée une solide réputation auprès des pêcheurs sportifs de saumons du Québec et aussi d'un peu partout dans le monde. Même si le nombre de saumons y est moins grand qu'avant, leur taille, elle, ne semble pas avoir diminué. Habituellement, chaque saison voit la capture de quelques saumons dont le poids dépasse allègrement les 30 livres (13,6 kg). Je me souviens d'avoir vu, il y a quelques années, un saumonier transporter dans ses bras un saumon de plus de 40 livres (18,2 kg) comme s'il avait porté un bébé.

     Plus de 40 fosses, dont plusieurs subissent une faible pression de pêche, sont à la disposition des saumoniers sans aucune forme de contingentement. La pêche est généralement bonne de l'ouverture jusqu'à la fermeture, avec des pointes toutefois en début de juillet et vers la fin du mois d'août.

     La rivière Matapédia a connu de nombreux problèmes de braconnage au cours des dernières années. C'est pour cette raison que bon nombre de saumoniers l'ont délaissée. Mais la SEPAQ n'a pas mis de temps à réagir, pour le plus grand bien des saumons et des pêcheurs sportifs. À ce sujet, je vous invite à lire le texte «Une première salmonicole au Québec», écrit par Ernie Wells et publié dans le numéro de juin 1990 du magazine Sentier Chasse-Pêche. Ce texte dresse un bilan des efforts que la SEPAQ a investis sur la Matapédia pour enrayer le braconnage.

Renseignements additionnels

     Les tarifs exigés pour pêcher les fosses non contingentées de la Matapédia sont inversement proportionnels à l'importance de la rivière: pour les secteurs 1 et 3, il en coûtera 26$ quotidiennement, alors que dans le secteur 4, le tarif n'est que de 2,60 $ (non ce n'est pas une erreur...). Dans ce dernier secteur, un cours de pêche peut être dispensé. Si cela vous intéresse, contactez le bureau de la SEPAQ de Causapscal.

     Beaucoup de fosses se prêtent bien à la pêche à pied, particulièrement durant l'été alors que le niveau de l'eau a baissé. Mais pour d'autres fosses, notamment celles du secteur 1, il est nécessaire d'utiliser une embarcation (canot de 22 à 26 pieds) afin de mieux couvrir les endroits où Salar est susceptible de se trouver. L'utilisation d'un moteur est autorisée dans le secteur 1 seulement.

     Les saumoniers qui fréquentent cette rivière pour la première fois devraient retenir les services d'un guide. En plus de leur connaissance de la rivière, la plupart des guides de la région possèdent un canot, ce qui simplifie grandement les déplacements sur la rivière et facilite l'exploration des fosses. Vous obtiendrez la liste des guides aux bureaux de la SEPAQ de Matapédia ou de Causapscal.

     Si vous décidez de passer plusieurs jours r pêcher le saumon sur la Matapédia, laissez-moi vous suggérer deux endroits où vous pourrez vous loger et vous nourrir dans une atmosphère chaleureuse: l'Hôtel-Motel Restigouche, propriété de Peter Dubé, et l'Auberge de la Coulée Douce à Causapscal. Ce dernier endroit est tenu par Suzanne Cousineau et Vianney Morin; il offre tous les charmes d'une auberge de campagne à deux pas d'une des fosses les plus populaires de la Matapédia: la fosse les Fourches. D'ailleurs, c'est dans cette fosse, en compagnie de Pierre Mercier et de Aubert Morin, de Causapscal, que j'ai manqué un gros saumon au cours de notre dernière soirée de pêche...

Références

» Texte & Photo: Gérard Bilodeau (Mai 1991).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.

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