Techniques de Pêche avec des Nymphes par Gilles Aubert

     Outre quelques insectes terrestres (taons, fourmis, sauterelles, etc.), la plupart des poissons d'eau douce consomment des insectes qui proviennent du milieu aquatique ambiant. Avant de devenir adultes ces «bibittes» demeurent dans les lacs et les rivières pendant la plus grande partie de leur vie (un an pour la plupart) et, selon l'espèce, elles se terrent dans le lit du plan d'eau (sédiments, roches, etc.).

Techniques de pêche avec des nymphes
     Ces insectes immatures que l'on appelle larves ou nymphes deviennent souvent la proie des poissons lorsqu'ils se préparent à se transformer en adultes. Souvent des colonies vont migrer dans certaines parties de la rivière ou du lac et, lorsque la température de l'eau est idéale (selon les espèces, elle se situe habituellement entre 10 et 19 °C ou 50 et 65 °F), nager vers la surface pour se débarrasser de leur carapace dans le film de l'eau... et s'envoler. Le pécheur avisé cherchera donc à profiter de cette situation.

     Avec des nymphes, l'approche diffère selon que vous péchez en rivière ou en lac. En rivière, selon l'intensité du courant, la présentation la plus usuelle s'effectue à angle vers l'amont ou perpendiculairement au sens du courant. Il suffit de laisser dériver la mouche le plus librement possible, sans aucune influence de la soie; selon la hauteur de l'eau et le fait que l'artificielle est lestée ou non, il peut s'agir d'une soie flottante, flottante à bout calant ou entièrement calante.

     Pour obtenir une dérive naturelle de la mouche il faut souvent amender la soie pendant la dérive, c'est-à-dire reporter vers l'amont la portion qui se trouve entre la canne et la surface de l'eau. L'imitation pourra se déplacer près de la surface (nymphe non plombée) ou plus en profondeur (si la mouche est plombée ou lestée). Je dois admettre qu'il n'est pas facile de détecter l'attaque de la truite. Pour vous aider, il pourrait être avantageux d'attacher deux mouches à votre bas de ligne ou encore de placer un bout de laine fluorescent ou un indicateur de touche sur votre bas de ligne, près de votre soie. Dès que l'on remarque que le bas de ligne est entraîné, il faut ferrer délicatement.

     Compte tenu de l'absence de courant, je n'utilise pas la même approche en lac. Si les insectes sont près de la surface ou dans le film de l'eau, je me sers d'une soie flottante. Dès que le lancer est effectué à l'endroit désiré, j'abaisse la canne près de la surface de l'eau et je récupère la soie par saccades, c'est-à-dire par tirées d'environ 30 cm (1 pi) à la fois, entrecoupées de légères pauses. Lorsque vous sentez une touche, ne ferrez pas rapidement, levez tout simplement la canne à la verticale.

     S'il n'y a pas d'insectes à la surface de l'onde ou tout près, il faut trouver le repaire des poissons. Pour y présenter l'offrande, selon la hauteur de la colonne d'eau on peut se servir d'une soie flottante, flottante à bout calant ou entièrement calante. Quant à la technique de récupération de l'artificielle, c'est la même que celle habituellement utilisée pour les nymphes près de la surface. Il faut cependant attendre que le leurre descende au fond ou à travers la végétation aquatique et atteigne le niveau recherché. Pour atteindre cette profondeur, je compte le temps de plongée en secondes. Si le poisson ne se manifeste pas (et surtout si vous péchez en eau peu profonde), récupérez la soie plus rapidement et toujours par saccades.

Références

» Texte & Photo: Gilles Aubert (Mai 2004).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.

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