Truites Exotiques de la Région de Québec par Gérard Bilodeau

     Depuis quelques années, la région de Québec offre un excellent potentiel pour la pêche de la truite brune et de l'arc-en-ciel. Nous VOUS proposons un tour d'horizon des endroits les plus productifs et quelques techniques pour les récolter.

Truites Exotiques de la Région de Québec
     Mon frère arriva chez moi tout excité. «Devine ce que je viens de capturer au pied des chutes?» Il faisait référence à un coin de pêche situé non loin de Saint-Romuald et que nous avions l'habitude de fréquenter en soirée sur semaine. Puisque, à l'époque, on y capturait de fort beaux achigans, je lui répondis, un sourire en coin : « Un achigan de 10 livres ! » « Non », répondit-il aussitôt, comme s'il avait anticipé ma réponse. C'est maintenant lui qui affichait un sourire.

     À part l'achigan, je ne pouvais imaginer quelle espèce de poisson ce secteur relativement pollué de la rivière Etchemin pouvait receler pour causer cet émoi. «Eh bien, je donne ma langue au chat », lui dis-je, dissimulant mal mon intérêt. J'eus alors droit au récit suivant.

     «Quand je suis arrivé au bas des chutes, je me suis installé, comme d'habitude, sur la grosse roche afin de bien «couvrir» tout le bassin. Après une heure de pêche, je n'avais même pas eu une touche. J'ai donc lancé ma mouche, une Muddler Minnow légèrement plombée, dans le fort courant, en face de moi. J'avais déjà remarqué de grosses roches à cet endroit, alors que l'eau était basse. À la première « passe », ma Muddler fut saisie brusquement et le poisson sauta aussitôt hors de l'eau. Ce n'était pas un achigan... mais bien une grosse arc-en-ciel ! Aidée par le courant, elle descendit sur une centaine de pieds et exécuta quelques « pirouettes » hors de l'eau. Après une dizaines de minutes, elle se laissa approcher près de la rive pour la première fois. Je n'en croyais pas mes yeux. Elle mesurait 20 pouces. »

PRÉSENCE DE TRUITES EXOTIQUES

     Des histoires comme celle-ci se répètent de plus en plus souvent dans plusieurs rivières de la région de Québec, au cours d'une saison de pêche. Et les prises ne concernent pas seulement la truite arc-en-ciel, mais aussi l'aristocrate truite brune.

     Ces salmonidés ne sont pas indigènes au Québec. Leur présence ici est tout d'abord due à des ensemencements, étalés sur de nombreuses années, réalisés au Québec dans le fleuve Saint-Laurent et dans plusieurs cours d'eau s'y jetant. Nos voisins de l'Ontario et de l'état de New York ont aussi déposé d'énormes quantités de ces truites dans leurs lacs et rivières. Plusieurs de ces spécimens ont émigré chez nous en utilisant le fleuve comme voie d'accès.

     Selon des rapports préparés par des biologistes du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, la truite arc-en-ciel a bénéficié d'une plus grande distribution que la truite brune. L'arc-en-ciel a été introduite dans le fleuve Saint-Laurent entre Québec et Montréal et dans les parties basses de quelques rivières se jetant dans le fleuve.

     Au cours des années 1983 et 1984, par exemple, plus de 200 000 arc-en-ciel ont été ensemencées dans cette zone. Dans la région de Québec, certaines rivières ont été ensemencées modestement dans leur cours supérieur. Il s'agit de la Jacques-Cartier, de l'Etchemin, de la Saint-Charles, de la Montmorency et de la rivière du Sud.

     La présence d'arc-en-ciel a été signalée régulièrement au cours des dernières années dans les estuaires de rivières de la région de Québec. Les rivières Jacques-Cartier, Etchemin, Montmorency, Sainte-Anne, du Sud, du Gouffre, Malbaie, Noire et Ouelle, pour ne nommer que celles-là, ont été visitées par ces truites probablement en mal de trouver un nouveau territoire. Grâce aux étiquettes que portaient quelques-unes des arc-en-ciel capturées, il a été établi qu'une partie d'entre elles provenaient des ensemencements faits au Québec; pour les autres, elles avaient entrepris le voyage depuis le lac Ontario, la rivière Châteauguay, le lac Champlain (via la rivière Richelieu), le lac Memphrémagog (en empruntant la rivière Saint-François) et même depuis des cours d'eau se jetant dans l'Atlantique du côté... du Maine et de l'état de New York.

     Quant à la truite brune, en ce qui a trait à la région de Québec, elle n'aurait été implantée que dans la rivière des Perdrix et ce, vers la fin des années 1950. Sa présence à l'embouchure des rivières s'explique donc par les migrations que ces truites auraient amorcées à partir de Montréal ou de Trois-Rivières (où il y aurait une bonne population de brunes établies dans le fleuve), du lac Ontario et, à l'instar des arc-en-ciel, de la côte est américaine. La truite brune est signalée de plus en plus fréquemment près de Québec. L'Aquarium de Québec, qui opère une pêche expérimentale au filet dans le Saint-Laurent, a vu ses captures de truites brunes augmenter significativement depuis 1975. De plus, de nombreux rapports émanant de pêcheurs sportifs qui fréquentent les estuaires des rivières confirment hors de tout doute la présence régulière des truites brunes à ces endroits.

Potentiel de pêche sportive

     Évidemment, la présence de ces truites exotiques a de quoi réjouir les pêcheurs sportifs. La grande combativité de la truite arc-en-ciel et la sélectivité légendaire de Salmo trutta (truite brune) sont connues de tous. Ajoutons à cela la longueur et le poids parfois impressionnants de certaines de ces truites, et on retrouve là tous les ingrédients pour satisfaire les appétits les plus capricieux. Et pourtant, pour des raisons que je m'explique mal, le potentiel de pêche que ces truites offrent semble peu exploité par les pêcheurs sportifs qui croient encore qu'il faut aller au diable vau-vert pour relever de beaux défis. Je vous propose donc un bref tour d'horizon des meilleurs coins de pêche des truites exotiques dans la région de Québec.

Rivière Jacques-Cartier

     Depuis plusieurs années, cette rivière, bien connue dans la province à cause du projet de restauration du saumon de l'Atlantique, reçoit à chaque automne de bonnes quantités de truites brunes en migration, probablement à la recherche de sites pour frayer. Malheureusement, jusqu'à tout récemment, il était interdit de pêcher ces truites à cause de la réglementation en vigueur. Cependant, une modification aux règlements de la pêche annoncée au cours de l'automne dernier rend dorénavant la chose possible.

     C'est en aval du barrage de la Domtar (situé dans la ville de Donnacona) que les truites se trouvent. Celles qui s'engagent dans la passe migratoire construite pour permettre la montaison du saumon de l'Atlantique sont remises en aval du barrage; il ne saurait être question de les laisser gagner le haut de la rivière car, selon les biologistes, cela créerait une compétition qui pourrait être néfaste aux jeunes saumons.

     Le secteur fréquenté par Salmo trutta contient aussi de belles arc-en-ciel. Je me souviens qu'au cours d'un des tout premiers congrès du Comité de restauration de la rivière Jacques-Cartier, un participant m'avait montré des photos de brunes et d'arc-en-ciel dont le poids variait entre 3 et 8 livres (1,3 et 3,6 kg).

     Lors de la migration des saumons, il est interdit de pêcher dans une zone comprise entre le barrage et 300 mètres plus bas. Cette interdiction n'existe pas avant la montaison des saumons (généralement de mai à la mi-juin) et elle est levée lorsque les responsables du ministère jugent que la migration est terminée (généralement vers la fin d'août ou le début de septembre). Le tronçon de la rivière en aval du barrage compte plusieurs belles fosses qui ne sont pas toutes faciles d'accès. Il faut porter des bottes-pantalons afin de pouvoir se déplacer plus aisément.

     Les pêcheurs que j'ai vus à l'œuvre utilisaient surtout une canne à moucher. Les streamers Black Nose Dace, Mickey Finn et Magog Smelt étaient leurs choix favoris. Des truites brunes de 10 à 17 livres (4,5 à 7,7 kg) ont déjà été observées dans la passe migratoire ; il s'agit toutefois de spécimens exceptionnels. Un dernier avis en passant: les terrains qui bordent cette partie de la rivière sont privés. Un stationnement public a été aménagé non loin de la passe migratoire et il est de mise de s'en servir pour garer sa voiture et accéder à la rivière.

Rivière Etchemin

     La rivière Etchemin, qui se jette dans le fleuve à Saint-Romuald, reçoit à chaque année la visite de brunes et d'arc-en-ciel. Selon les captures faites par les pêcheurs sportifs, l'arc-en-ciel serait plus abondante dans une proportion de 10 pour 1.

     Entre l'autoroute 20 et le fleuve, il y a un secteur où l'on retrouve des chutes et des rapides violents. Ce coin semble bien apprécié des arc-en-ciel. La truite brune, quant à elle, nage surtout dans les eaux à marée. La marée montante est le meilleur moment pour tenter de capturer une de ces truites. Ici, les pêcheurs privilégient le lancer léger; les leurres préférés sont le Rapala et les cuillères ondulantes agrémentées parfois d'un ver de terre. Les «moucheux» favorisent de loin le streamer.

Rivière Saint-Charles

     La rivière Saint-Charles a bénéficié ces dernières   années d'ensemencements massifs de truites arc-en-ciel dans le cadre du Festival de pêche en ville. Évidemment, bon nombre de truites sont capturées au cours des festivals ; mais le pêcheur perspicace dénichera les grosses truites (jusqu'à 6 livres) alors que la pression de pêche diminue considérablement une fois les festivités terminées.

     Les ensemencements ont été faits dans le haut de la rivière, à la hauteur du parc Chauveau. Il est peu probable que des truites brunes et arc-en-ciel provenant du fleuve s'engagent dans l'estuaire de cette rivière en raison de son taux de pollution très élevé.

Rivière Montmorency

     La pêche dans cette rivière se résume à un secteur d'une centaine de mètres seulement. Mais si l'expression qui dit «dans les petits pots les meilleurs onguents» a besoin d'être prouvée, c'est la Montmorency qui lui fournira le meilleur support. Une chute immense et très jolie empêche toute migration des poissons, et la qualité des eaux de cette rivière, qui prend sa source dans la réserve des Laurentides, attire certainement les grosses brunes et arc-en-ciel. Les nombreuses captures faites chaque année par les pêcheurs sportifs en témoignent éloquemment.

     Au printemps, dès l'ouverture de la pêche jusqu'à la fin de mai, c'est le meilleur moment pour capturer des arc-en-ciel. Il convient alors d'utiliser une soie calante et des mouches plombées du genre streamer coloré ou nymphe. Pour ceux qui adoptent le lancer léger, des leurres suffisamment pesants sauront rejoindre les grosses truites dans leur repaire.

     Plus tard en saison, soit en juillet et en août, les truites brunes prennent la relève des arc-en-ciel. Au dire des «habitués» de l'endroit, ceux qui emploient la canne à moucher seront nettement avantagés par rapport aux autres techniques de pêche. Des nymphes plus petites (numéros 8-14) sont alors de mise.

     Tout le secteur compris entre la chute et le fleuve contient des brunes et des arc-en-ciel. Toutefois, les plus fortes concentrations se retrouvent près du « dos de cheval » (situé en aval du bassin formé par la chute) qui est une énorme pointe de roche que l'on distingue bien lorsque la rivière a regagné son cours normal. Généralement, le poids des truites varie entre 2 et 5 livres (1 et 2,2 kg). Des spécimens beaucoup plus gros y sont toutefois capturés à chaque année.

     En raison de l'excellent potentiel de pêche des truites exotiques qu'offre cette rivière, il serait souhaitable que le MLCP permette la pêche de ces truites tout l'automne. Plusieurs pêcheurs aimeraient bien pouvoir pratiquer leur sport favori jusqu'à la prise des glaces, et il n'y a pas de raison valable qui justifie cette interdiction, puisque la pêche de ces salmonidés est permise ailleurs au Québec durant la même période.

Rivière Sainte-Anne

     Cette rivière aux eaux limpides semble plaire davantage aux arc-en-ciel qu'aux brunes. Selon les statistiques, peu de truites y sont capturées, à moins bien sûr que les pêcheurs ne les déclarent pas. La Sainte-Anne vaut quand même la peine d'être explorée, ne serait-ce que pour goûter aux paysages magnifiques qui l'entourent.

Rivière du Sud

     La rivière du Sud à Montmagny est un peu une copie de la Montmorency, mais en beaucoup plus petit. Une chute à son embouchure empêche toute montaison de poissons, et il semble que les truites brunes affectionnent particulièrement cette rivière.

     C'est au pied de la chute que la majorité des captures sont réalisées. À marée basse, on peut pêcher à pied tandis qu'à marée haute, il est préférable d'utiliser une embarcation. Quelques truites ont déjà été prises en péchant à partir du quai.

Rivière du Gouffre

     À l'instar de la Jacques-Cartier, la rivière du Gouffre a été l'objet d'un programme de réintroduction du saumon de l'Atlantique. Mais voilà que, sans y être invitées, des grosses truites arc-en-ciel ont décidé de s'installer dans cette rivière du beau comté de Charlevoix. Chaque printemps, des truites immenses, dont le poids de certaines « frise » les 10 livres (4,5 lb), s'y aventurent à la recherche de sites propices pour frayer (cette truite fraye au printemps). Et il n'y a pas que dans la rivière du Gouffre qu'on retrouve de l'arc-en-ciel ; quelques ruisseaux des environs de Baie Saint-Paul sont utilisés au printemps par les grosses arc-en-ciel pour la reproduction.

     Les pêcheurs qui fréquentent assidûment ces cours d'eau emploient de préférence la mouche à toute autre technique. Au printemps, ils utilisent une soie calante et des mouches légèrement lestées afin de les présenter correctement aux truites qui se tiennent dans des courants quelquefois violents.

Le fleuve Saint-Laurent

     Peu de pêcheurs ont adopté le fleuve comme endroit de pêche, mais les quelques audacieux qui le fréquentent souvent reviennent parfois avec des prises du genre «trophée». Bien que cela n'ait pas été prouvé, il semble que les truites brunes et arc-en-ciel, qui sont plus tolérantes à la pollution des eaux, se soient trouvées un refuge dans certains secteurs du fleuve dans la région de Québec. Des captures sont signalées régulièrement aux quais de Grondines, de Saint-Michel de Bellechasse et de Montmagny. D'autre part, à marée basse, des pêcheurs ont observé dans les environs de Neuville des poissons marsouiner en surface tout comme s'ils se nourrissaient d'insectes. Les zones périphériques des estuaires de rivières constituent certes des endroits à explorer étant donné l'intérêt que portent les truites aux rivières. Bref, le fleuve offre un potentiel très intéressant, mais qui n'est accessible qu'aux plus aventureux.

Quand pêcher l'estuaire d’une rivière

     Les truites semblent actives tout l'été et une bonne partie de l'automne, jusqu'à ce que l'eau se refroidisse de façon significative. Tous les pêcheurs que j'ai rencontrés s'entendent pour dire que le meilleur moment pour pêcher l'estuaire d'une rivière est durant la marée montante. Les truites en profitent alors pour s'approcher de la rivière, et même s'y engager, attirées par la nourriture que ses eaux charrient. De plus, des petits poissons, qui voyagent parfois en bancs, s'y aventurent également, représentant alors des proies relativement faciles à gober pour les truites, en particulier les grosses, qui en sont friandes.

Comment pêcher l'estuaire d'une rivière

     Généralement, les truites se déplacent beaucoup lorsqu'elles se trouvent dans l'estuaire d'une rivière. C'est pourquoi il est préférable de les taquiner à partir d'une embarcation, celle-ci permettant de se déplacer à volonté, ou encore de pêcher en arrêt.

     En embarcation, plusieurs optent pour la pêche à la traîne. Cette approche n'est peut-être pas très excitante, mais elle permet en revanche de faire nager le leurre au-dessus de tous les repaires potentiels des truites. Pour ce genre de pêche, on peut tout aussi bien employer une canne à moucher qu'un équipement de lancer léger.

     Pour ce qui est de la pêche à la mouche, il est bon d'être muni d'une soie à bout calant, au bout de laquelle on attache un bas-de-ligne de 8 pieds (2,5 m) environ et d'une résistance de 6 à 10 livres. Une canne de 8 1/2 pieds pouvant propulser une soie N° 8-9 sera appropriée à la situation de pêche. Comme je l'ai mentionné plus tôt dans ce texte, le streamer est le type de leurre qui semble intéresser le plus la truite. Le; Mickey Finn, Magog Smelt, Black Nose Dace, Gray Ghost et Grenade, dans les Nos 2-8 sont parmi les modèles les plus utilisés Toutefois, le moucheur aura avantage è tenter occasionnellement sa chance avec de grosses nymphes (Nos 2, 4 ou 6).

     Les adeptes du lancer léger accordent une préférence particulière aux poissons nageurs dont le mouvement erratique ne laisse pas la truite indifférente. De plus, le; cuillères ondulantes de type Toronto Wobbler procurent parfois du succès. Quelque; pêcheurs que je connais bien emploient un équipement ultra léger, ce qui procure de; sensations fortes, surtout quand la truite atteint «quelques livres».

     Si le pêcheur n'a pas le choix de se déplacer à pied, il devra s'équiper de bottes pantalons munies de semelles antidérapantes. Quand cela est possible, le port de ce; bottes lui permettra de s'avancer dan; l'eau afin de couvrir une plus grand; surface. L'estuaire de la Montmorency se prête particulièrement bien à ce genre de pêche. Évidemment, la prudence est toujours de mise dans ces circonstances ; s'il y a lieu, le pêcheur doit tenir compte de la marée montante et ne pas trop retarde son retour vers le rivage.

Enregistrement des prises

     En conclusion, il serait important que les biologistes du Service d'aménagement di la faune à Charlesbourg soient avisés de h capture d'une truite exotique. Cela leur permettrait de se faire une idée sur l'importance de la population de ces nouveaux salmonidés dans la région de Québec. G n'est plus un secret pour personne maintenant: la présence de truites brunes et arc-en-ciel inquiète les biologistes de notre région qui craignent pour les ombles d fontaine (truites mouchetées) et les saumons de l'Atlantique qui doivent affronte de nouveaux compétiteurs; ces crainte n'ont toutefois pas encore trouvé confirmation.

     D'autre part, les pêcheurs sont ravis d pouvoir pêcher ces nouvelles espèces. Et ceux-ci souhaitent que, dans un avenir prochain, les lacs et les rivières qui n'offrent pas une eau de qualité adéquate pour I mouchetée soient ensemencés de brune ou d'arc-en-ciel.

Références

» Texte & Photos: Gérard Bilodeau (Avril 1988).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.

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