Utilisez Davantage de Petites Mouches par Gilles Aubert

     La majorité des pêcheurs à la mouche croient que les artificielles montées sur des hameçons n° 8, 10 et parfois 12 représentent la plupart des insectes aquatiques observés dans nos plans d'eau. Ils sont aussi convaincus que de tels hameçons sont très petits. Certes, il existe des insectes aquatiques de la longueur de la hampe de ces hameçons, mais il faut retenir que ces créatures nous paraissent plus grosses qu'elles ne le sont en réalité. En fait, le nombre d'insectes aquatiques de la grosseur des hameçons n° 14, 16, 18, 20 et 22 est beaucoup plus grand.

     Sélectionner les artificielles représentatives des insectes à imiter n'est pas chose facile; elles sont tellement nombreuses que même le pêcheur chevronné s'y perd souvent en conjectures. Toutefois, à mon avis, celui qui utilise de petites artificielles qui n'ont pas l'obligation de reproduire très fidèlement l'insecte en sort gagnant. Partageant cette opinion avec plusieurs moucheurs expérimentés, je crois que, par ordre d'importance, l'artificielle devrait surtout être conforme à la grosseur, ensuite à la couleur et en dernier lieu à la forme de l'insecte imité. Je suis également d'avis que, pour obtenir du succès avec une telle imitation, elle doit surtout reproduire l'insecte à l'état de pupe ou de nymphe près de la surface ou encore lors de sa transformation à l'état adulte dans ou sur le film de l'eau, d'où le nom d'émergente.

     Pour ce qui est des modèles à utiliser, il n'est donc pas nécessaire ni même souvent possible de se servir d'une artificielle qui imite parfaitement l'insecte. Qui plus est, il n'est pas obligatoire non plus de disposer de plusieurs boîtes à mouches bien garnies. Des pêcheurs expérimentés emploient des modèles reconnus comme les Adams, Black Gnat, Griffith's Gnat, Elk Hair Caddis, Hare's Ear et Pheasant Tail, mais montés sur de petits hameçons. Et ils obtiennent du succès! J'ai de bons résultats avec une artificielle très facile à confectionner. Il suffit d'attacher quelques poils de chevreuil sur la hampe de l'hameçon, près de la courbure, pour simuler la queue de l'insecte, d'y enrouler ensuite de la fourrure de lièvre (noire, beige, grise ou brune) puis d'y fixer quelques poils de chevreuil près de l'œillet de l'hameçon, la longueur ne dépassant pas la courbure de l'hameçon. Elle porte le nom de Sauteuse.

Références

» Texte & Photo: Gilles Aubert (Juin 2004).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.

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