Techniques pour Doré Amorphes par Gilles Dicaire

     Qui ne s'est pas heurté à des dorés complètement amorphes qui refusaient n'importe quelle offrandé? Ces moments dans la vie d'un pêcheur sont vraiment frustrants et nous prennent souvent au dépourvu. Voici quelques trucs pour améliorer vos résultats dans de pareilles situations.

     Une des situations les plus frustrantes dans laquelle les amateurs de pêche se trouvent au cours d'une saison, c'est bien lorsque les dorés sont pratiquement inactifs. Ces arrêts brusques de toute activité se produisent généralement pendant et après le passage d'un front froid. Dans ces situations, on a l'impression que tous les dorés sont disparus des différents endroits où hier et avant-hier ils attaquaient tout ce qui bougeait. Pourtant, ils sont bien là, cachés tout près du fond entre les rochers, les branches et la végétation, refusant obstinément tout ce que vous leur passez au-dessus de la tête. En de telles circonstances, le doré est très difficile à capturer. Cependant, il existe deux très bonnes techniques pour réussir à les dégourdir. Il s'agit de deux approches lentes que l'on doit faire tout en douceur.

Les comportements

     Le doré peut adopter quatre comportements distincts: agressif, actif, neutre et - le pire de tous - amorphe. Il m'est arrivé d'être témoin de la capture d'un doré faite à l'aide d'une cuillère ondulante, montée sur un avançon d'acier au bout d'une ligne de 20 livres de résistance, traînée en surface à grande vitesse. Rien de subtil et de discret. D'un autre côté, j'en ai vu bouder une présentation aussi soignée qu'un poisson-appât vivant au bout d'une ligne de petit diamètre reposant discrètement sur le fond. Que penser de tout cela? Le premier pêcheur a eu affaire à un doré agressif en pleine période d'attaque, tandis que le second s'est trouvé aux prises avec un doré amorphe et très sélectif.

     Les dorés agressifs sont très faciles à capturer. Il suffit de pêcher à la traîne à l'aide de poissons-nageurs, de cuillères tournantes ou ondulantes ou d'adopter toute autre technique pour avoir du succès. Aucune finesse n'est nécessaire et toutes les techniques sont bonnes.

     Face à des dorés au comportement neutre, les choses se compliquent. On obtient des résultats en péchant à l'arrêt avec des jigs aux teintes naturelles, garnis d'un bout de ver qu'il faut traîner sur le fond très doucement sans le faire dandiner. Les appâts vivants (vers, ménés, sangsues, etc.) sont aussi très efficaces dans de telles situations, mais il faut tenir compte de la réglementation en vigueur dans la zone fréquentée. Ces méthodes bien connues des amateurs sont très utilisées.

     Mais lorsque les dorés sont complètement amorphes, plusieurs pêcheurs baissent les bras. Toutes les excuses sont alors bonnes. Plusieurs se découragent et reviennent à la maison ou au camp bredouilles. Pourtant, un peu de patience et le recours à quelques techniques plus raffinées et adaptées à la situation suffiraient à faire mordre ces dorés qui semblent dormir.

Localisation

     Peu importe si les dorés sont agressifs, neutres ou amorphes, le pêcheur qui veut les capturer doit consacrer quelques instants à la localisation de l'endroit où ils se cachent.

     Localiser les bancs de dorés en chasse à l'aide d'un sonar est habituellement facile, mais lorsqu'il s'agit de dorés qui collent systématiquement le fond, la tâche devient beaucoup plus ardue. Il faut travailler en mode manuel, utiliser la fonction zoom ou mieux encore, la fonction bottom track tout en augmentant la sensibilité et la bande grise (gray line). Ce n'est que de cette façon que vous serez en mesure de les apercevoir à l'écran de votre sonar.

     Un petit exercice utile pour apprendre à utiliser ces fonctions du sonar consiste à stabiliser votre embarcation en eau calme. Une fois qu'elle est bien ancrée, laissez descendre un simple petit jig de 1/4 d'once sous l'embarcation, tout près du transducteur (sonde) de votre sonar, dans une vingtaine de pieds d'eau. En regardant attentivement, vous verrez très bien l'écho renvoyé par un jig de seulement 1/4 d'once.

     Vous pourrez même suivre facilement à l'écran le dandinement de ce dernier. Si, par contre, vous n'y arrivez pas, augmentez graduellement la sensibilité de l'appareil jusqu'à ce que le jig soit visible.

     Une fois que vous aurez fait ce petit test, vous comprendrez l'importance d'apprendre à bien maîtriser les diverses fonctions de votre appareil, le mode automatique étant réservé aux débutants.

Le flotteur coulissant

     Le flotteur coulissant est trop peu mis à profit par les pêcheurs québécois. C'est un outil pourtant redoutable qui trompe régulièrement les dorés léthargiques. Personnellement, je l'emploie dans des endroits à forte végétation et dans les secteurs où le fond est jonché d'arbres et de branches. Il permet de maintenir un appât juste au-dessus des obstacles sans s'y prendre. Avec cet équipement, on arrive avec un peu de pratique à faire une présentation lente et naturelle, que ce soit en eau lente ou vive.

     Les modèles les plus efficaces sont ceux de forme allongée en bois de balsa. Le montage est simple. Il suffit d'enfiler le flotteur sur le monobrin pour ensuite attacher un petit hameçon numéro 6 ou 8 au bout du monofilament. Une douzaine de pouces plus haut que l'hameçon, on ajoute un petit plomb fendu pour terminer le montage à l'aide d'un bout de bande élastique. Cette bande est ensuite attachée à la hauteur où l'on désire que le flotteur s'arrête et bloque l'appât (pro-fondeur de l'appât). La grosseur du petit plomb fendu dépend du poids de l'appât. Il peut arriver qu'à la première tentative, le flotteur demeure couché ou qu'il cale tout simplement. C'est à vous de diminuer ou de grossir le petit plomb jusqu'à ce que le flotteur se tienne droit et cale légèrement.

     Pour régler la descente de l'appât à la profondeur voulue, il suffit de faire coulisser la bande élastique sur le monofilament. Comme appât, les gros vers de nuit, les ménés et les sangsues sont idéals. Une longue canne d'au moins 7 1/2 pieds de longueur pour faciliter les lancers et un monofilament de faible diamètre compléteront votre équipement.

Les jigs flottants

     Une technique presque infaillible que j'emploie en dernier recours et à laquelle seuls les dorés pratiquement morts résistent est le jig flottant. Je l'utilise dans les secteurs au fond rocheux, sablonneux et sédimentaire. Pour le montage, j'ai besoin d'un plomb de type sabot et d'un petit plomb fendu. Du côté des jigs flottants, mes préférés sont ceux en caoutchouc mousse plutôt que ceux fabriqués en bois pour deux bonnes raisons. Ceux en caoutchouc mousse ont une flottaison de beaucoup supérieure à ceux en bois, en plus d'avoir une texture beaucoup plus souple et naturelle. Ces deux qualités leur donnent une efficacité deux fois supérieures au modèle de bois. Le poids du plomb sabot à employer dépend de la profondeur et du débit de l'eau si vous péchez en rivière. Dans les secteurs où l'eau est peu profonde et calme, il faut un plomb de petite taille (entre 1/16 et 3/8 d'once) et pour les secteurs où l'eau est plus profonde (de 20 pieds et plus) ou encore en eau vive, les plombs sabots requis sont plus gros (de 3/8 à 3/4 d'once) et même plus pour bien faire descendre et maintenir le montage sur le fond.

     Le montage s'effectue de la façon suivante: on enfile le plomb sabot en premier sur le monofilament en s'assurant de le monter dans la bonne direction, c'est-à-dire le sabot vers l'appât, pour qu'il glisse librement sur le fond. Ensuite, on attache le jig flottant à L'aide d'un noeud à boucle pour qu'il flotte bien droit et on termine en attachant un petit plomb fendu à 24 pouces du jig flottant pour bien barrer l'ensemble.

     Le réglage de la hauteur à laquelle le jig va flotter se fait en déplaçant le plomb fendu. Plus le plomb est près du jig, moins il flottera haut au-dessus du fond. Plus la distance entre le plomb et le jig est grande, plus l'offrande sera haute par rapport au fond.

références

» Par Gilles Dicaire
» Québec Archer Chasse & Pêche Été 1998.

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