La Rivière à Mars au Saguenay par Mario Dallaire

     Il existe de ces cours d’eau pour lesquels le temps agit comme une perle encore dans son huître. La rivière à Mars en est une de cette catégorie. Plus elle vieillit, plus elle prend de la valeur. Trempant ses pieds dans le fjord du Saguenay, elle prend sa source au coeur même de la réserve faunique des Laurentides. En fait, elle n’est côtoyée par les humains que sur ses 7 à 8 derniers kilomètres. Si vous passez à Saguenay, vous la croiserez sûrement si vous faites un tour dans le secteur de l’arrondissement de La Baie.

Historique en Bref

La Rivière à Mars au Saguenay
     Jadis rivière à l’état sauvage, la rivière à Mars fut rapidement adoptée par les premiers colons arrivés au Saguenay au début de la colonisation. D’ailleurs, elle porte le prénom du frère d’Alexis Simard qui, après une chicane avec ce dernier, s’installa sur ses berges (Mars Simard, donc rivière à Mars).

     Suite à l’érection en 1920 de la digue de la scierie Tremblay et fils au kilomètre 3 (passe migratoire) et celle en 1930 du barrage hydro-électrique de la Passe des Murailles au kilomètre 12, le saumon s’y est rapidement raréfié. Il n’y subsistait bientôt plus qu’une population résiduelle qui s’est ensuite maintenue tant bien que mal à quelques spécimens, plusieurs étant capturés ou braconnés chaque année. De plus, cette rivière fut utilisée pour le flottage du bois jusque vers la fin des années 50. Au début des années 80, une association est alors formée pour restaurer et protéger ce cours d’eau. De 1985 à 1992, la pêche sportive y est fermée pour permettre la construction d’une passe migratoire et d’un chalet d’accueil. Dès 1992, la pêche sportive redémarre de façon plus que convaincante et on atteint même une montaison qui oscille entre 400 et 600 saumons dans les années suivantes. Malheureusement, le déluge de 1996 vient tout bouleverser l’élan de départ de cette rivière aux multiples facettes. La reconstruction de la passe migratoire et la remise en état du lit de la rivière furent réalisées en 1997. Même encore aujourd’hui, elle subit des séquelles de cette catastrophe. Heureusement, de multiples aménagements de même qu’un programme d’ensemencement d’alevins de saumon pour compenser les effets négatifs permettent de croire en l’avenir.

La Pêche

La majeure partie de la pêche se pratique à gué
     La majeure partie de la pêche se pratique à gué sur les dix premiers kilomètres qui sont facilement accessibles. D’ailleurs, trois ponts routiers enjambent cette rivière sur les deux premiers kilomètres. Le saumon est ralenti dans sa montée par l’existence d’un barrage au troisième kilomètre. C’est à ce barrage qu’une passe migratoire et le chalet d’accueil sont installés. Sur le site, un petit sentier d’interprétation jumelé à une fenêtre d’observation sous-marine permet de contempler le roi des eaux dans son élément. De plus, une caméra sous-marine installée au fond de la rivière et un bassin-aquarium viennent tout juste d’y être aménagés. Sur les douze fosses en aval de la passe migratoire, seule la fosse no 12 est contingentée (réservation 48 heures à l’avance). En amont, les fosses 39 à 42 sont aussi contingentées, alors que les fosses 13 à 38 sont offertes directement au public.

le magnifique canyon du Centre plein air Bec-Scie
     Malgré les ravages du déluge de 1996, cette rivière se relève de manière admirable. Aussi dynamique que le saumon qui l’habite, le conseil d’administration et son président se sont révélés avant-gardistes en réveillant la conscience régionale au sujet de la truite de mer du Saguenay. Un projet pilote de réensemencement de truite anadrome y a lieu, ce qui explique l’interdiction temporaire de la conserver. D’ailleurs, près d’une quinzaine d’étangs en bordure de la rivière agissent comme des pouponnières pour l’omble de fontaine anadrome du Saguenay. Il faut savoir ici que ce poisson est unique au monde en raison de sa génétique régionale.

     Le deuxième barrage situé à environ douze kilomètres permet d’admirer le magnifique canyon du Centre plein air Bec-Scie, là où s’entassent les saumons en fin de saison. La montaison du saumon oscille quand même aujourd’hui entre 200 et 400 saumons annuellement. Son eau est fraîche et légèrement sombre, laissant le pêcheur toujours dans un doute sur sa présence (ou son absence).

     Une grande partie de la rivière (près de 40 km) en amont de ce barrage est presque sauvage et comporte de multiples cascades, des chutes et des rapides encore sous-exploités et méconnus du grand public.

Rivière-École

rivière-école de la pêche au saumon de cette région
     Grâce à son accès facile et sa proximité de la grande ville de Saguenay, la rivière à Mars peut facilement être nommée la rivière-école de la pêche au saumon de cette région. La rivière n’étant pas très large, avec des fosses bien découpées et peu d’arbres à l’arrière des pêcheurs, la pêche à la mouche du saumon y est facilitée. D’ailleurs, un service d’initiation et de guide est offert à prix plus que modique par l’organisme. Près d’une centaine d’initiations par année y sont pratiquées. On peut même y louer un équipement de base et pêcher de soi-même, après avoir reçu les précieux conseils offerts par les employés du chalet d’accueil.

Services Environnants

La rivière à Mars
     Question hébergement, l’arrondissement de La Baie à Saguenay est doté de plusieurs auberges (Auberges des 21, de la Grande-Baie, ou des Battures) et de nombreux gîtes, sans oublier le fameux camping Au Jardin de Mon Père situé à quelques pas du chalet d’accueil. On peut même faire la location de roulotte ou pêcher de la truite dans de magnifiques étangs aménagés à ce camping.

Côté restauration, on en trouve pour toutes les bourses et tous les goûts, puisque le secteur urbain offre autant de la restauration rapide que gastronomique ou familiale.

Pour l’équipement, il est possible de trouver dans le même secteur des commerces pour votre équipement ou pour les mouches nécessaires à votre activité.

Au plan touristique, ville de Saguenay et ses environs offrent une multitude de possibilités, avec ses grands spectacles, ses musées, ses circuits ou ses sites d’intérêt.

En Bref

     La rivière à Mars fut jadis l’hôte de grands de grands noms américains qui sont venus expressément pêcher dans ses eaux. On comprend mieux aujourd’hui pourquoi, car elle cache dans une eau couleur de miel des saumons forts et vigoureux qui peuvent être très mordeurs, puisque plusieurs fosses sont encore sous-exploitées. La majeure partie de la rivière n’étant pas contingentée, il y a toujours une place où lancer sa mouche à prix abordable. L’accueil des gens de la région, les services offerts, et la facilité de la pêche font de cette rivière un incontournable pour la pêche au saumon dans cette magnifique région de Saguenay. Pour plus de renseignements, le site web www.riviereamars.com offre une panoplie de liens. Il n’en tient qu’à vous de vous décider.

Références

» Texte Mario Dallaire (2009).
» Photos Contact Nature, Rivière-à-Mars
» FQSA
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