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  1. Sur les Traces du Bar Rayé

Sur les Traces du Bar Rayé

     Il n’y a pas si longtemps, le bar rayé pullulait dans le fleuve Saint-Laurent Les meilleurs coins de pêche étaient situés autour de Québec et les bars frayaient surtout au lac Saint-Pierre. Pendant les meilleures années, les pêcheurs commerciaux en prenaient des tonnes et des tonnes Puis, autour de 1965, le bar rayé a complètement disparu du le. Les causes de cette extinction seraient la surpêche, le braconnage, le manque de réglementation et enfin les effets de la canalisation du Saint-Laurent. Certains parlent aussi de déversements importants de rhotane dans le fleuve, pour éliminer les phryganes (mannes) pendant l'Expo 67. Le bar a complètement et abruptement disparu du fleuve et nous avons perdu tout un poisson.

LE POISSON

Sur les traces du bar rayé
     Le bar rayé est vraiment exceptionnel et représente le poisson de toutes les pêches. On peut le capturer à n'importe quel moment de la journée et il va mordre le matin ou en plein cœur de l'après-midi, le soir comme la nuit. Il va attaquer vos mouches au gros soleil comme par temps gris, dans l'eau calme comme dans la plus agitée. À la mouche, on peut l'attraper en «strippant» la soie agressivement ou sur la dérive comme un saumon et il va prendre aussi bien la mouche sèche que le streamer.

     Son nom scientifique, Morone saxalis, signifie «habitant les rochers» mais on le trouve partout. On peut le pêcher en pleine mer, dans les marais salins, en rivière, en lac, dans les «breachways» (canaux entre la mer et les lacs), dans les «rips» (rencontres de courants divergents), sur les hauts-plateaux ou encore dans les chenaux. On peut le pêcher à partir des jetées, des rocs, des plages, des quais, au bord comme au large, à gué comme en embarcation. On peut le pêcher en profondeur comme en surface, à la soie flottante comme à la plongeante et avec un ensemble #5 comme un #8. Bien entendu, on peut tout aussi bien le pêcher au lancer léger, et ce autant avec un leurre artificiel qu'avec un appât naturel. En plus, mais gardez ça pour vous, c'est absolument gratuit!

     Le bar est reconnu comme le maître incontesté du «surf». C'est dans les pires vagues, les plus hautes et les plus imposantes que le bar rayé est le plus à l'aise. Il est très impressionnant de le voir «surfer» à travers des vagues infernales et finir dans moins de 15 cm d'eau, quand la vague se brise sur la plage. Il n'exécute pas ces prouesses pour le spectacle mais pour se nourrir, et quand il se nourrit, il le fait avec frénésie! Il faut voir un blitz de bars décimer un banc de poissons, c'est démentiel!

     Mon ami Pascal Moreau, un «top gun» de la pêche en eau salée, m'a dit un jour : «Le bar rayé est comme un gros estomac muni de nageoires.» Cet ogre des mers va dévorer absolument tout ce qui bouge et même ce qui ne bouge pas! On trouve des bars partout où il y a de la nourriture mais il faut faire attention, car autant ils sont opportunistes, autant ils peuvent devenir hyper sélectifs. À ce moment-là même les meilleurs pêcheurs de bars se grattent le ciboulot...

     Comme le saumon, le bar rayé est un poisson migrateur et son principal site de fraie se trouve dans la baie de Chesapeake, au Maryland. Ce poisson anadrome parcourt de grandes distances, comme en témoigne un bar étiqueté dans la baie de Chesapeake et repris dans la baie de Fundy. La migration des bars commence en mars et ils arrivent sur les côtes du Maine autour de la mi-mai.

     Bien qu'on en trouve sur la côte ouest (où il a été ensemencé) et dans les provinces maritimes, c'est sur les côtes du Maine et jusqu'en Caroline du Nord qu'il est le plus concentré.

     C'est un poisson grégaire qui se déplace en très grand banc, ce qui le rend particulièrement vulnérable à la pêche commerciale. Plusieurs regroupements de pêcheurs militent d'ailleurs pour la suspension de cette activité. Mentionnons que chez nos voisins, le bar rayé a aussi frôlé l'extinction. Ces regroupements ont réussi à le protéger bar dans certains États, alors que dans d'autres la pêche commerciale est toujours florissante. Quelquefois, la situation frôle le ridicule : le bar qui est protégé en Caroline du Sud finit dans les filets des pêcheurs commerciaux de la Caroline du Nord.

     Comme le bar est un poisson migrateur, ces regroupements de pêcheurs voudraient qu'il soit de juridiction fédérale, mais ce n'est pas encore le cas. Chaque État a sa propre réglementation et celle-ci peut être complètement différente de l'un à l'autre. Par exemple, on peut conserver un seul bar dans le Maine et il doit mesurer entre 50 et 65 cm (20 et 26 po) ou plus de 100 cm (40 po), alors qu'on peut en garder deux au Rhode Island et au Massachusetts pourvu qu'ils mesurent au moins 70 cm (28 po). En plus, dans certains États on doit mesurer à partir de la fourche alors que dans d'autres, on le fait à partir du bout de la queue. C'est un peu n'importe quoi, mais au moins la volonté est là.

PRÉPARATION D'UN PÉRIPLE

     Côté permis et droits de pêche, je le répète, le bar rayé est l'aubaine du siècle : la pêche en eau salée est totalement gratuite! Pourtant, certains sont prêts à payer une fortune pour avoir les meilleurs guides. En fait, la pêche au bar rayé est devenue l'objet d'un véritable culte et après y avoir goûté une fois, ma dulcinée et moi en sommes devenus complètement accros! Voilà pourquoi nous avons décidé de parcourir les meilleurs coins de pêche au bar rayé sur la côte est américaine.

     Étant des pêcheurs à la mouche, nous avons apporté nos ensembles # 8 avec des soies plongeantes et flottantes, nos moulinets spécialement conçus pour l'eau salée et bien sûr, toute une sélection de mouches montées sur des hameçons en acier inoxydable. Pendant plus d'un mois, nous avons parcouru le Maine, le New Hampshire, le Massachusetts, le Rhode Island et le Connecticut sur les traces du bar rayé. Le matin du départ, quand notre propriétaire (il nourrit nos poissons en notre absence) nous a demandé quand nous pensions revenir, nous lui avons répondu : «Quand il n'y aura plus d'argent!»

HERMIT ISLAND

     Le matin du 22 juillet, la Jeep «paquetée» jusqu'au plafond, avec le canot sur le toit, nous sommes en route vers notre destination la plus septentrionale, Hermit Island. Cette toute petite île est située à Small Point, non loin de l'embouchure de la fameuse rivière Kennebec et du Popham Beach State Park. Après avoir monté notre campement, nous commençons à pêcher juste en face, autour de Wire Island, mais sans résultat. Nous allons ensuite essayer la Sand Dollar Beach, tout au bout de Hermit Island.

     Nous sommes à marée montante et il y a un fort courant entre la mer et la petite baie de Small Point Harbor. Après quelques lancers dans ces conditions, nous capturons un tout petit bar (peut-être 14 po), mais le premier du voyage et il était le bienvenu! Après avoir capturé quelques bars entre 35 et 40 cm (14 et 16 po), nous retournons au campement prendre le canot pour avoir accès à une toute petite île de roches, juste en face de la plage. Plus la marée montait, plus le courant devenait intense. Arrivé sur la petite île, à mon premier lancer, un sujet de 50 cm (20 po)! Ça augurait bien.

     Non loin de Hermit Island se trouve un coin de pêche incontournable pour la pêche au bar rayé dans le Maine, le Popham Beach State Park et la célèbre rivière Kennebec. Le meilleur endroit pour pêcher le long de cette plage est près du fort, juste devant le U.S. Life Saving Station, et au moment où nous arrivons, la marée commence à s'inverser. Subitement, un courant diabolique se crée juste en face de nous, avec des remous et des turbulences saisissantes. Plusieurs pêcheurs à la mouche arrivent et commencent à lancer.

     On s'avance dans l'eau et aussitôt que la Woolly Bugger de ma conjointe touche à l'eau, un superbe bar s'en empare pour lutter férocement et faire littéralement cambrer sa canne tenue à deux mains. Puis, c'est au tour du monsieur juste à côté de moi, qui pêche avec une mouche Clouser Minnow. Au même moment je suis moi aussi aux prises avec un beau sujet qui veut m'arracher mon Lefty Deceiver. Et on se met tous à prendre des bars, l'un à la suite de l'autre, ça n'arrête plus! C'est vraiment «bar open». Ce courant providentiel arrivait de la rivière Kennebec et on comprenait mieux pourquoi elle est si réputée pour le bar rayé.

CAPE COD

     Après un séjour de pêche fantastique à Hermit Island, nous avons gagné le royaume du bar rayé, le fameux Cape Cod, dans le Massachusetts. Si nous avions trouvé Hermit Island petite et intimiste, nous avons été soufflés par l'im¬mensité de Cape Cod. Un pêcheur n'aurait pas assez de toute une vie pour faire le tour! Nous avons péché à la Cold Storage Beach à East Dennis, au fa¬meux Cape Cod National Seashore à Corn Hill Beach et surtout à l'incroyable Monomoy National Wildlife Refuge à Chatham où nous avons fait toute une pêche.

     Nous avions mis le canot à l'eau sur Morris Road et, après quelques coups d'aviron, je vois un petit bouillon dans un trou qui semble beaucoup plus profond. La marée descend et nous pouvons facilement rejoindre cette petite fosse à partir du bord, alors nous accostons le canot et nous commen¬çons à pêcher.

     Un coup sourd et puissant, comme je n'en avais pas eu depuis le début du voyage, mais rien. Je ramène ma mouche et je la vérifie; tout est beau, je relance au même endroit, et bang! Ce coup-ci, le poisson est bien piqué et mon mouli¬net se dévide à la vitesse de l'éclair! Le combat est furieux et je me demande vraiment ce que c'est. Après une dizaine de minutes je vois enfin le poisson, c'est un superbe bluefish! J'ai peine à croire qu'il est toujours là, même sans bas de ligne d'acier, mais finalement je réussis à sauver le premier bluefish du voyage. Décidément, je dois mener une bonne vie!

     Nous avons aussi pris quelques bars dans ce petit trou prometteur, mais nous voulions profiter de la marée descendante pour sortir en mer. Au large de Morris Island, nous apercevons une immense tache noire qui remue l'eau avec frénésie et se déplace droit vers nous. C'est un gigantesque banc de poissons! À portée de lancer, j'envoie ma mouche dans la masse et je ressens aussitôt une forte secousse au bout de la ligne. On ne peut pas encore le voir, mais je sais que c'est un autre bluefish et qu'il est encore plus gros.

     Si la puissance et l'accélération sont les qualités premières du bar rayé, la force brute et l'agressivité sont certainement les plus remarquables chez le bluefish. Avec sa mâchoire puissante et ses dents acérées, il peut vous arracher la main en une seule bouchée. Et quand vous le manipulez, il cherche constamment à vous mordre. Ma canne est pliée en deux comme un vulgaire fétu de paille et le poisson tire le canot aussi facilement que le grand Antonio tirait les autobus avec ses cheveux. Après une remise à l'eau dans les règles de l'art (j'ai un bas de ligne en acier cette fois), nous retournons vers la tache noire et mouvante sans nous douter que l'épouvante nous guette.

     Nous relançons nos mouches dans le banc, mais rien. On relance et relance encore, en vain. On ne comprend plus rien, d'autant plus qu'on voit très bien les milliers de poissons qui forment ce banc compact. Puis, ma douce finit par attraper l'un de ces poissons. C'est un menhaden (hareng) d'environ 30 cm (12 po). Il se débat comme un fou et, comme on ne connaît pas encore cette espèce, elle hésite à le prendre dans ses mains.

     Juste quand elle se décide, au moment même où elle avance sa main vers le poisson, nous voyons un bouillon infernal sous le pauvre menhaden suivi d'un flash qui dure une fraction de seconde. Ma compagne, complètement ahurie, sort le menhaden de l'eau en tirant sur le fil et le spectacle est saisissant : le poisson est coupé net en deux et il pisse le sang, un énorme bluefish vient de l'attaquer! Jusqu'à la fin de la journée, nous osons à peine nous mettre les mains à l'eau.

MARTHA'S VINEYARD

     Le lendemain, nous quittons Cape Cod pour l'île de Martha's Vineyard, un secteur considéré comme La Mecque de la pêche au bar rayé. Nous établissons notre campement sur le seul terrain de camping de l'île, le M.V. Family Campground. Comme cela nous avait été fortement recommandé, nous avions réservé notre place au camping ainsi que sur le traversier quelques mois auparavant. À peine arrivés, nous allons au Coops Bait and Tackle sans nous douter que Cooper Gilkes, le proprio, est une vraie légende vivante de la pêche au bar rayé. C'est lui qui nous accueille et, après les présentations d'usage, il nous conseille plusieurs bons coins de pêche et nous donne même quelques exemplaires de sa fa¬meuse mouche Floating Sand Eel. Coops a décidé de nous prendre sous son aile, quelle chance!

     C'est ainsi que nous faisons de superbes pêches à Tisbury, puis sur un «fiât» du lac Tashmoo, et que nous découvrons la pêche du bar rayé la nuit au lac Sengekontacket. Même si nous fêtons mon anniversaire, ce n'est pas une très belle nuit pour cette première. La lune est pleine, mais le ciel est complètement couvert et on n'y voit pas à deux pas. De plus, un petit vent traître de l'est nous rabat la mouche en plein visage. Comble de malheur, le vent cause plein de nœuds dans notre bas de ligne, qui est d'ailleurs trop long pour rien. Lancer une mouche dans le noir n'est déjà pas évident, et je me demande bien comment je vais faire pour ferrer un poisson.

     J'en suis là dans mes réflexions quand soudain je sens une touche. Je bande ma ligne et, aussitôt que je sens de la résistance, je ferre un bar qui réagit au quart de tour. Son départ est fulgurant et il file à toute allure. Après un premier combat mémorable, je gracie ce beau poisson sous l'éclairage de ma lampe frontale. Je relance au même endroit avec le même résultat : un autre bar! Et on se met à ferrer des poissons à qui mieux mieux. C'était donc vrai, ce n'était pas un mythe, pêcher le bar rayé est génial la nuit. Quel beau cadeau d'anniversaire pour un noctambule comme moi!

     Le lendemain, Coops nous propose de pêcher sur la Town Beach de Lobsterville, tout près de Menemsha dans le secteur de Aquinnah, la plus réputée de Martha's Vineyard. Nous mettons le canot à l'eau pour pêcher sur un banc de sable un peu plus au large. Après quelques coups de pagaie, nous y sommes et nous commençons à pêcher à gué. Ma dulcinée part un peu plus loin tandis que je commence juste devant, dans un trou un peu plus profond.

     Je m'avance de plus en plus, j'ai maintenant de l'eau à la taille quand soudain une ombre géante passe juste à côté de moi. Sur le coup, je suis saisi d'émoi. Qu'est-ce que c'est ça? Puis deux autres ombres avancent lentement vers moi et je fige! Incrédule, je me rends compte que ce sont des bars et qu'ils doivent mesurer au moins 5 pi de long! Saisi de tremblote, je recommence à pêcher avec le cœur qui bat à plein régime.

     Quelque temps après, ma douce revient en me demandant si j'ai vu quelque chose. Presque au même moment, elle aperçoit l'une de ces ombres gigantesques et devient verte d'effroi. Je la rassure, lui explique que c'est un bar et qu'il y en a partout autour de nous. Nous n'avons pas la chance de capturer l'un de ces monstres, mais le simple fait de les côtoyer dans leur élément est toute une expérience.

CHARLESTOWN

     Le lendemain, notre aventure se poursuit au Rhode Island et nous atteignons le village de Charlestown. Nous montons notre campement au Burlingame State Campground puis nous nous rendons chez Captain Don's Bait And Tackle qui se trouve tout près. Suivant les bons conseils du capitaine, nous commençons notre pêche sur le Quonochontaug Breachway. La marée descend et un superbe «flat» de sable se découvre lentement. C'est une journée parfaite, avec un soleil radieux et l'eau du lac Quonochontaug claire comme du gin.

     Rendue sur le «flat», ma compagne se lève dans le canot pour pêcher la première et ce qu'elle voit lui scie les jambes. Elle retombe sur son banc, complètement paniquée et commence à balbutier : «Il faut que tu voies ça, c'est long comme le canot et peut-être même plus!» Comme mon canot fait quand même 16 pi, c'était difficile à croire. Je me lève et à mon tour je suis subjugué! D'accord il ne fait pas 16 pi, mais il est encore plus gros que le bar de 78 lb sur la photo du record du monde! Nous n'avons même pas le temps de lui lancer nos mouches, car en fait il quitte le «flat» avec la marée.

     La nuit suivante, toujours au lac Quonochontaug, nous faisons une autre pêche magnifique. Vers 3 h, en revenant vers la rive, nous entendons une voix dans le noir : «Salut les Québécois!» À quelques mètres de nous, une lampe frontale s'allume et nous voyons un pêcheur à la mouche qui nous fait signe. Il nous demande si ça mord et nous lui montrons les photographies que nous venons de prendre. Il tombe en pâmoison devant l'écran de notre appareil numérique.

     Un peu plus tard, il nous dit qu'il habite à Providence, la capitale du Rhode Island, et qu'il pêche le bar depuis l'ouverture, mais qu'il n'a pas pris un seul poisson de toute la saison. Comment est-ce possible? Nous lui donnons une Lefty Deceiver, notre meilleure mouche du voyage, lui suggérons une soie plongeante et lui proposons de récupérer sa mouche par saccades violentes, ce qui nous a très bien servis à cet endroit. Avant de partir, nous lui disons exactement où aller pêcher et le quittons avec les encouragements d'usage.

     En revenant, nous essayons de comprendre pourquoi ce pêcheur à la mouche n'a pas pris un seul bar depuis le printemps. Peut-être sa technique? Peut-être qu'il ne pêche pas aux bons endroits? Peut-être son choix de mouches? Peut-être son inexpérience? Pourtant, il pêche le bar depuis plus longtemps que nous et il semble très bien équipé. Qu'est-ce que nous avons de plus que lui? Je vous le donne en mille : notre canot, bien sûr! En y pensant bien, nous avons beaucoup péché à partir d'endroits accessibles uniquement en embarcation et c'était encore le cas ici. Nous avons même beaucoup péché directement du canot, et sans lui ce voyage n'aurait jamais été aussi poissonneux.

BARN ISLAND

     Nous complétons ce magnifique voyage dans le Connecticut en péchant à Barn Island qui se trouve dans la petite baie de Narragansett. D'après le capitaine, les bars sont encore plus gros que ceux du Quonochontaug. Nous mettons le canot à l'eau au Barn Island State Boat Launch et remarquons immédiatement la mauvaise qualité de l'eau. Des centaines de grosses embarcations à moteur circulent partout et l'eau est extrêmement sale. Il y a une houle terrible et le soleil est assommant, mais nous péchons quand même dans un petit marais salin pendant que la marée est à son plus haut. Après une petite heure nous abandonnons complètement. Il fait tellement chaud que notre cervelle se liquéfie.

     Finalement nous passons la journée sur une plage complètement bondée, à se protéger du mieux qu'on peut de la chaleur. En début de soirée nous reprenons la pêche, mais le cœur n'y est pas. Nous avons trop pris de soleil, de vagues, de bateaux, de vapeurs d'essence, de monde et de bruit. La pêche au bar rayé n'est pas toujours un jardin de roses.

Il faut dire que Barn Island est située juste en face de Napatree Point et de Watch Hill, les deux plus gros pièges à touristes du Rhode Island. Pour pêcher le bar rayé, il vaut mieux éviter les coins trop achalandés, ou encore y pêcher très tôt le matin, en début de soirée ou même la nuit. Idem pour les plages.

RETOUR PAR LE MAINE

     Pour terminer notre voyage nous décidons de retourner dans le Maine, mais le ciel nous tombe littéralement sur la tête. La tempête tropicale Ernesto nous a rejoints et c'en est fait de ce voyage merveilleux au pays du bar rayé. Nous en profitons pour passer à la galerie de notre bon ami, le peintre Will Cunha, à Kennebunk-port. Will est un peintre américain reconnu qui a donné un atelier d'initiation à la peinture à mes jeunes l'été dernier. Pour l'occasion, il s'était servi d'une photographie sur laquelle je tiens un superbe bar capturé à Higgins Beach. Depuis, il a terminé la toile et l'a intitulée The Canadien Fisherman.

     À notre arrivée à sa galerie, la toile trône dans un coin et elle est magnifique. Will a parfaitement rendu toute la beauté de ce poisson exceptionnel et, pour couronner le tout, voilà qu'il m'en fait cadeau! Ce présent vient clore de belle façon cet inoubliable voyage qui n'a pas fini de nous faire rêver.

PECHE DU BAR RAYE SUR LA CÔTE EST AMÉRICAINE

Sites Web à consulter Maine

http://www.visitbath.com/24-popham-beach.html http://www.eldredgeflyshop.com/html/reports.htm

Rhode Island
www.dem.ri.gov
http://www.captdonsbaitandtackle.com/ Massachusetts
www.mass.gov/marinefisheries http://www.fws.gov/northeast/monomoy/

Martha's Vineyard
http://www.coopsbaitandtackle.com/
http://www.flyfishingthevineyard.com/
http://web2.steamshipauthority.com/ssa/

Sites pour la pêche en eau salée

http://www.aswf .org/h istory.htm I http://www.stripersonline.com/
Un excellent reportage sur la réintroduction du bar rayé au Québec
http://wwwl.radio-canada.ca/actualite/semaineverte/ColorSection/peche/030608/raye.shtml

Pour voir le panneau de sensibilisation sur le bar rayé
http://www.ziplesdeuxrives.org/projetBarRaye.htm

Site du MRNF sur le bar rayé
http://www.mrnf.gouv.qc.ca/publications/enligne/faune/reglementation-peche/bar.asp

Quelques livres indispensables

Le bar rayé du Saint-Laurent, Pierre Dubois, Corporation pour la restauration de la pêche à l'île d'Orléans, 1998.
Inshore Fly Fishing, Lou Taboury, Lyons press, 1992.
The Striped Bass Chronicles, The saga of America's great game fish, George Reiger, Lyons press, 1997.
L.L.Bean Fly Fishing ForSriped Bass Handbook, Brad Burns, Lyons press, 1998.

Références

» Texte & Photos: Mario Viboux (2007).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche (Annuel Pêche).