LA MATAPEDIA NE SERA PLUS JAMAIS LA MÊME SANS RICHARD ADAMS par Richard Firth

La Matapedia ne Sera plus Jamais la m​ême sans Richard Adams
    Une partie du folklore de la rivière Matapedia s'est envolée avec le départ de Richard Adams le 3 mars 2006. Depuis le décès du légendaire guide, plusieurs articles et reportage on été réalisés afin de commémorer la vie de se personnage marquant de la rivière Matapedia.

     De par le lien qui me liait a lui et en raison du respect que javais pour Richard Adams, je ne pouvais pas laisser cette occasion de vous transmettre quelques beaux moments que j'ai vécus avec cet homme qui a beaucoup marqué ma vie de saumonier.

     Né le 13 octobre 1910 à Sillarsville, petit village sis à l'est de Matapédia, Richard Adams était le deuxième d'une famille de neuf enfants. Étant très social, Richard aimait se rendre voir des connaissances à Matapedia et il venait chez ses parents une ou deux fois par années. Il affectionnait particulièrement les confitures maison de petites fraises que sa mère cuisinait chaque été pour les « Sports » des clubs. La première fois que je fis la rencontre de Richard Adams, c'était lors d'une de ces visites, je devais avoir entre 7 et 8 ans. Déjà, il m'avait impressionné avec son sourire et sa fier allure. j'était loin d'imaginer que nos routes se croiseraient des années plus tard.

     Ceux qui connaissent le secteur Glen-Emma savent que les guides travaillent en équipe de deux et le hasard a fait en sorte que je sois jumelé avec Richard Adams. Quel beau jumelage ! Un jeune guide, au début de la vinghtaine, allait apprendre du grand sage de la Matapedia.

     Lors de notre première sortie sur la rivière ce printemps-là, Richard Adams me demanda s'il pouvait me donner des conseils sur les endroits à prioriser dans telle ou telle fosse. Après quelques heures passées dans un canot avec lui, je me suis rapidement rendu compte de sa facilité et de sa générosité à transmettre son savoir.

     Tout au long de cet été-là, je l'ai observé dans sa façon d'aborder une relation avec son client pêcheur. C'est là que j'ai compris qu'il fesait pas ça par obligation. Non, c'était une passion, une joie d'avoir le privilège d'être sur une des plus belles rivières au monde à pêcher le roi de l'eau douce.

     À cette époque, je ne connaissais pas très bien la rivière Matapedia, mais, comme je suis curieux de nature, je voulais en savoir plus. Un automne, Richards Adams me proposa de descendre quelques tributaires de la rivière Matapedia. j'ai accepté avec enthousiasme. Lors de nos excursions, il prenait plaisir à me raconter des anecdotes de pêche et de la période où il dravait du bois. Il avait une mémoire phénoménale pour les dates, les noms, les lieux et j'en passe. Un bon jour, alors qu'on s'arrêtait pour dîner à l'embouchure d'un ruisseau, il me confia que c'était mon grand-père Firth qui lui avait transmis le goût de travailler avec les chevaux. Il avait travaillé avec lui de nombreuses années à couper du bois et à faire la drave. Il me raconta que mon grand-père annonçait toujours son arrivée au campement avec la « team de chevaux » en lançant un cri du style « Yooo Weee » et qu'il avait décidé de perpétuer la tradition en s'exprimant de la même façon lors de son arrivée à une fosse ou lorsqu'il puisait un saumon.

Jimmy Carter
     Après avoir passé quelque temps comme confrère de travail de Richard Adams, la vie a fait en sorte que je quitte l'emploi de guide pour devenir le chef guide de Glen Ema et, par surcroît, le patron. Je vous avoue que cet aspect me stressait un peu. Lorsque j'ai fait part à Richard Adams que j'étais un peut nerveux à l'idée d'être leur patron, il me conseilla avec sagesse d'être juste et équitable envers tout le personnel et que ça devrait bien aller. Ce conseil était fort apprécié et très juditieux. Plusieurs années plus tard, soit en 1982, nous avons eu le plaisir d'acceuillir l'ex-président des États-Unis, Jimmy Carter, ainsi que sa conjointe sur la rivière Matapedia. Richard Adams eut le privilège de guider M. Carter à Glen Emma. Lors d'un souper, Mme Carter demanda à Richard Adams: « Êtes-vous marié ? » Il lui répondit que non et elle lui demanda alors pourquoi. Il fit comme réponse: « À 72 ans, je suis encore bien jeune et il me reste beaucoup de temps pour y penser. » Les gens avaient bien rigolé.

     Lors de la dernière journée ou Jimmy Carter pêchait à Glen Ema, Richard Adams avait été indisposé par la maladie et c'est moi qui eus le privilège de guider M. Carter ce soir là. Ce dernier me confia alors qu'il avait rencontré bien des gens dans sa vie et qu'il avait rarement, si non jamais, cotoyé un être aussi spontané et bon vivant que Richard Adams. Jimmy Carter et Richard Adams ont échangé de la correspondance pendant plusieurs années après ce voyage sur la Matapédia.

     Les moments mémorables passés en sa compagnie à écouter ses anecdotes pourraient remplir de nombreuses pages, mais, hélas, toute bonne chose a une fin. Toutefois, je terminerai en soulignant que Richard Adams a beaucoup influencé ma vision en ce qui a trait à la gestion de la ressource saumon et mon approche vis-à-vis de la clientèle

     Merci, Richard, tu vas nous manquer.

Références

» Texte & Photos Richard Firth (2006).
» FQSA


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