La Pêche à la Nymphe par Romain Boivin

    Consciemment ou inconsciemment, le monteur de mouches recherche la fameuse mouche « Infaillible » qui lui permettra de capturer son quota de truites, à coup sûr. Heureusement, cette mouche miracle n'existe pas et n'existera probablement jamais; autrement, c'en serait fait de la pêche sportive. Toutefois, si un jour l'on trouvait cette mouche « Infaillible », je suis sûr qu'il s'agirait d'une mouche de type nymphe. En effet, une nymphe bien présentée constitue, à mon avis, le leurre le plus efficace qu'un pêcheur puisse utiliser; surtout dans les cours d'eau très fréquentés par les pêcheurs. De nombreuses études, particulièrement dans les états du nord des Etats-Unis, ont prouvé que la truite mouchetée se nourrit à 80% du temps sous la surface de l'eau, à la recherche de nymphes. Il est donc normal que ce type de mouche soit le plus efficace.

     Sans qu'il soit obligatoire d'être un expert pêcheur, une certaine expérience est nécessaire, avant de maîtriser parfaitement cette technique de pêche si productive.
     En début de saison, il est préférable d'utiliser une soie à moucher, à bout calant, avec des nymphes brunes foncé telles que Hendrickson et Red Quill, dans les grosseurs 12 et 14. Vous pouvez alourdir vos nymphes en enroulant du fil de plomb autour de l'hameçon. Je vous avoue toutefois détester me servir de ces mouches plombées; je les utilise qu'en cas d'extrême nécessité.

    Autour du 15 juin, j'utilise des nymphes de couleur moins foncée telles que March Brown et I3-A, dans les grosseurs 10 et 12. J'utilise une soie flottante avec bas de ligne en queue-de-rat, d'une résistance de 1-1/2 à 3 Ibs. Vous lancez votre mouche dans un angle d'environ 30° en amont d'où vous pêchez puis, vous laissez votre nymphe dériver dans le courant, sans lui donner aucun mouvement. Aussitôt que vous remarquez un déplacement d'eau en surface où se trouve votre mouche, vous ferrez délicatement mais le plus rapidement possible car la truite ne gardera votre nymphe dans sa gueule, qu'un très court instant. C'est avec l'expérience que vous acquerrez ce que j'appelle un 6ième sens, c'est-à-dire bien déterminer l'instant précis où vous devez ferrer. Voilà la grande différence qui sépare le pêcheur expérimenté du débutant.

    Durant tout le mois de juillet, les nymphes de couleur pâle telles que Cahill et Light Fox de grosseurs 12 à 16 sont un bon choix. Toutefois, les éclosions d'insectes deviennent de plus en plus sporadiques, la truite plus méfiante et les eaux sont plus basses et claires; vous devez vous servir de bas de lignes de 10 à 12 pieds de longueur, dont le bout d'attache ne doit pas être supérieur à 2 livres de résistance.

     Au mois d'août, vous devez vous servir de nymphes très petites que l'on surnomme « Midge » dans les couleurs brun, noir, olive, jaune, grosseurs 18 à 24; il en va ainsi jusqu'à la fermeture de la pêche.

     Si vous fabriquez vos mouches, vous possédez l'énorme avantage de monter tous les modèles désirés. De plus, le montage des nymphes est fascinant. Les mélanges de matériaux tels que poils de vison, rat musqué, lièvre, phoque etc., vous offrent un choix de couleurs presque sans limite.

     Voici la description d'une nymphe très populaire et efficace, à peu près partout au Québec. Cette nymphe est une création des frères Houle de Montréal, dans leur série de mouches connue sous le nom de « Laurentide ». Nom de la mouche I3-A.

Mouche 13-A

la mouche 13-A
Hameçon : Mustad 79580 grosseur 10 à 14.
Fil d'attache : Mono-Corde brun, grosseur 5/0 ou 6/0.
Queue : 3 pointes de hackle brun foncé.
Corps : Laine brun foncé ou « Dubbing » en poil de castor.
Pattes : Un tour de plume de flanc de malard.
Antennes : Deux poils d'orignal.

Référence

» Texte: Romain Boivin (1980)
» Photo: Jocelyn Huard.

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