La Zec Chapais par Gilles Aubert

     La zec Chapais, grâce au dynamisme de ses dirigeants, offre une qualité de pêche remarquable et un excellent taux de succès de chasse à l'orignal.

LA ZEC CHAPAIS
     Sur la rive sud de Québec, davantage dans les comtés de Bellechasse, Dorchester, Lévis, L'Islet, Kamouraska et Montmagny, les adeptes de la chasse et de la pêche ne sont pas privilégiés quant aux lieux possibles à fréquenter pour pratiquer leurs activités de plein air. En effet, on n'y retrouve aucune réserve faunique, la plupart des boisés appartiennent à des particuliers (donc de tenure privée), et les plans d'eau ne sont pas légion. Cependant, fort heureusement, les amateurs peuvent de plus en plus compter sur la seule zone d'exploitation contrôlée présente dans ce territoire. Grâce au dynamisme de ses dirigeants bénévoles, les étangs, les lacs et les rivières de la zec Chapais contiennent une quantité appréciable d'ombles chevalier et de fontaine. Quant à la faune cynégétique, elle est riche et variée, de sorte que la chasse y est excellente.

UNE PÊCHE DE QUALITÉ

     Les pêcheurs à la ligne qui habitent la grande région de Québec sont reconnus comme des inconditionnels de la pêche à l'omble de fontaine communément appelé truite mouchetée. Mais, pour pratiquer leur activité préférée dans un décor champêtre et où les chances de récolter de beaux spécimens sont intéressantes, il leur faut s'éloigner beaucoup de leur résidence. Saviez-vous qu'à moins de deux heures de la ville de Québec (110 km), sur la rive-sud, il est possible de réaliser ce rêve ? Dans la zec Chapais, localisée dans le comté de Kamouraska, à 70 km au sud de La Pocatière, les plans d'eau ne sont certes pas nombreux, car on y compte tout au plus une dizaine de lacs et d'étangs, mais à cause du dynamisme du président Gérard Gagnon et de son équipe, on y trouve une très bonne qualité de pêche.

     Ce groupement sans but lucratif a vraiment relevé le défi d'assurer la satisfaction de ses membres. Pourquoi croyez-vous que, d'année en année, les mêmes utilisateurs renouvellent leur carte de membre ? Pour votre information, dans le lac Sainte-Anne, en 1991, 2 740 ombles de fontaine furent récoltés par 986 pêcheurs; en 1992, 4 930 par 1 251 et, en 1993, près de 7 000 par 1 420; dans le lac Grosse-Truite, en 1991, 1 654 ombles de fontaine récoltés par 445 pêcheurs; I 405, en 1992, par 319 et plus de 1 100, en 1993, par 289. Et sachez que des spécimens de 14-15-16 pouces de long (35-38-41 cm) sont souvent vus dans les paniers ? À l'occasion, des chanceux rapportent des poissons-trophées de plus de 4 lb (1,8 kg) capturés dans les lacs Chaudière et Sainte-Anne. À titre d'exemple, en août dernier, le président Gagnon a récolté, dans le lac Chaudière, 6 truites bien dodues dont la longueur variait de 14 à 17 po (35 à 44 cm). En passant, le lac Chaudière renferme des ombles chevaliers (truite rouge du Québec ou truite marstoni ou «Artic Char»),

Techiques de pêche

     Si vous pratiquez la pêche à la truite mouchetée depuis plusieurs années, il vous sera certainement plus facile de jouer de ruse avec Dame truite. Habituellement, les techniques de pêche les plus usuelles sont fructueuses. Cependant, permettez-moi de vous présenter l'approche d'André Pelletier qui fréquentait les lacs et les rivières de cette région bien avant la création de la zec en 1978. À l'occasion, ce résident de La Pocatière se sert d'un lancer léger ou d'une canne à moucher à partir d'une embarcation stationnaire. Toutefois, il préfère pêcher à la traîne. Et lorsqu'il utilise un lancer léger, il attache un leurre métallique, généralement une cuillère ondulante Lake Clear Wabbler, dont il a préalablement enlevé le trépied pour le remplacer par un bas-de-ligne d'une quinzaine de pouces de long (38 cm) auquel est attaché un hameçon simple appâté d'un ver de terre bien vivant. Si l'ami André se sert de sa canne à moucher, soyez assuré qu'il aura attaché à son bas-de-ligne un Muddler Minnow, un Gray Ghost ou encore un Mickey Finn. Notez qu'il enfile souvent sur l'ardillon «un bout de ver». D'après lui, cet ajout lui a permis de leurrer à maintes reprises plusieurs ombles de fontaine dont la longueur variait de 14 à plus de 20 po (35 à 51 cm).

Plans d'eau les plus recherchés

LA ZEC CHAPAIS
     Si vous prévoyez vous rendre dans cette zec au cours de la prochaine saison, je vous suggère de pêcher dans le lac Sainte-Anne, principal plan d'eau d'une superficie de 596 hectares (près de 5 km de long - 3 mi). En plus de contenir une bonne population de truites mouchetées, le lac est considéré comme une zone humide offrant un bon potentiel d'aménagement pour la sauvagine. Vous devriez aussi tenter votre chance dans le lac Chaudière. C'est un plan d'eau malheureusement moins fréquenté par les pêcheurs à la ligne, mais qui renferme beaucoup de poissons-trophées. Gagnon est d'avis qu'au cours des prochaines années, ce sera une destination de choix. Quant aux amateurs de pêche en rivière, plus de 70 kilomètres sont à leur disposition.

DES AMÉNÉMAGEMENTS PHYSIQUE ADÉQUATS

Pourquoi, depuis quelques années, une telle qualité de pêche dans cette zec, alors que, dans plusieurs autres, étant donné la pression de pêche accrue, elle se détériore? Tout simplement que les gestionnaires bénévoles s'occupent activement de l'aménagement des habitats et travaillent de concert avec la Fondation de la faune du Québec et le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche. Au cours des dernières années, plusieurs projets furent réalisés se rapportant à la faune aquatique et à ses habitats. Des barrages furent construits pour augmenter le niveau de l'eau dans certains lacs : seuils de retenue au lac Grosse-Truite en 1987, au lac Blanc en 1988, aux Étangs de la rivière Sainte-Anne (Lac de l'Écluse) en 1990. Des sites de fraye ont aussi été aménagés au lac Chaudière en 1985 et 1993. En 1991, la rivière Noire a été nettoyée et aménagée, sur une longueur de 5,5 km, pour améliorer les aires de reproduction et d'avelinage des populations d'ombles de fontaine et, en 1992, on fit de même sur la rivière Jaune sur 5 km. On a même ressuscité un lac. En effet, le lac de la Grosse-Truite, jadis infesté de poissons indésirables, ne contient maintenant que des ombles de fontaine. Avec le soutien des biologistes et des techniciens du MLCP, on a retiré, il y a quatre ans, tous les poissons de ce plan d'eau et réintroduit uniquement des truites indigènes.

Ensemencements

LA ZEC CHAPAIS
     En plus de l'aménagement des habitats et du souci constant des inventaires, la Société de Gestion de la Faune de Kamouraska Inc. gère et opère, depuis mai 1991, le laboratoire piscicole de l'Institut de technologie agro-alimentaire de La Pocatière. Depuis cette acquisition, les truites mouchetées ensemencées proviennent toutes de cet endroit. En 1991, en plus des 12 200 truitelles (fretins) fournies par le MLCP (pour la dernière année), 215 000 alevins et 1 371 truites adultes en provenance de la pisciculture furent introduits dans les plans d'eau de la zec; en 1992, 49 000 alevins et 7 358 truites adultes; en 1993, 20 000 truites adultes. Lors des prochaines années, la station piscicole, propriété de la zec Chapais, sera en mesure de fournir aussi des ombles de fontaine à la zec du Bas-Saint-Laurent et à la zec Owen.

LA CHASSE

     L'État du Maine formant la limite sud-est de la zec, vous vous doutez certainement que les orignaux sont présents dans ce territoire de 391 kilomètres carrés. Ce que vous ne suspectez sans doute pas, c'est que selon les biologistes du MLCP, la zec Chapais est une véritable pouponnière d'orignaux. À l'automne 1991, 37 orignaux furent récoltés par les nemrods pour un succès de chasse de 60 % et, en 1992, 47 pour un taux de réussite de 65 %. C'est d'ailleurs le meilleur succès de chasse à l'orignal de toutes les zec de la province par rapport au nombre de chasseurs. Il dépasse celui de bien des réserves fauniques gouvernementales. Et si l'on regarde la moyenne provinciale qui oscille depuis plusieurs années entre 7 % et 8 %, c'est l'un des meilleurs territoires de la province. L'ours noir est omniprésent, quant au cerf de Virginie, il y était présent en grand nombre. Selon la température lors de la saison de chasse, on y récoltait, avant la présence des coyotes, entre 15 et 20 bêtes. On se rappelle qu'à compter de cet automne, la chasse au cerf de Virginie sera interdite dans la zone 2 dont la zec Chapais fait partie. Les adeptes de la chasse au petit gibier ne sont pas laissés en reste, la chasse à la gélinotte huppée et au tétras de savane étant la plus populaire.

Renseignements généraux

     Pour chasser et pêcher dans cette zec située non loin de régions urbanisées, aucune réservation n'est exigée : il suffit d'acquitter le coût des droits d'accès à l'un des postes d'accueil. On peut entrer dans ce territoire sillonné par 48 kilomètres de chemins forestiers carrossables en automobile et par plus de 28kilomètres de chemins secondaires et de pistes, à quatre endroits différents : par le poste d'accueil du lac Ste-Anne, du lac Chaudière, de St-Omer et du lac de l'Est. Pour une première visite, je vous suggère d'arriver par le poste d'accueil du lac Ste-Anne. Pour vous y rendre, à partir de Lévis, prenez l'autoroute Jean-Lesage (20) en direction est jusqu'à Saint-Jean-Port-Joli; à cet endroit, empruntez la route 204 jusqu'à Ste-Perpétue et, à la sortie du village, circulez sur le chemin forestier à votre gauche en direction du lac de l'Est. L'infrastructure d'accueil est située à environ 18 km de cette municipalité.

     Quant à la tarification, elle se compare avantageusement à celle demandée dans les autres zec de la province. Si vous achetez votre carte de membre (20$), vous devrez débourser 15$ pour un droit d'accès quotidien à la pêche; pour les non-membres il est de 18$. Il est possible aussi de vous procurer des droits saisonniers pour la chasse et la pêche. Ajoutons que des campings rustiques et semi-aménagés sont disponibles (10$ par jour), qu'il est possible de louer des embarcations sur certains lacs et que l'on retrouve des débarcadères sur la plupart des plans d'eau. Pour des renseignements supplémentaires, écrivez à la Société de Gestion de la Faune de Kamouraska Inc., 27, rue Saint-Louis, case postale 26, Saint-Pacôme, G0L 3X0 ou composez le (418) 852-3443. Demandez que l'on vous fasse parvenir un dépliant explicatif ainsi qu'un tableau des tarifs.

Références

» Texte & Photo: Gilles Aubert (Novembre 1993).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.

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