Les Deux Cents Ans du lac Waterloo

     Il y a environ deux siècles, lorsque les premiers colonisateurs se sont établis dans notre région, le lac Waterloo n’était qu’une petite rivière en méandres entourée d’une plaine inondable. Les environs de la rivière étaient recouverts de diverses variétés d’arbustes. Cette végétation probablement composée en autres, d’aulnes rugueux et de cornouillers, assurait la stabilité des sols tout en  maintenant la qualité de l’eau même en période de crue. Cette grande plaine inondable retenait les sédiments et régularisait l’écoulement de l’eau à la fonte des neiges.

Les deux cents ans du lac Waterloo
     Dans le passé les communautés humaines se sont installées  près des lacs ou rivières. Un approvisionnement en eau étant essentiel. Mais il en fallait encore plus d’eau pour un village en venir! Comment faire? Un barrage et peut-être une série de tentatives plus ou moins fructueuses d’élever le niveau de la rivière pour la transformer en lac.

     De nos jours il y a une solide structure de rétention des eaux située légèrement en aval de la rue Foster tout prêt de la rue Allen. C’est de là que le ministère de l’environnement assure le premier contrôle du débit de la rivière Yamaska-nord.

     Lors du début de l’industrialisation de Waterloo le nouveau lac était entouré de magnifiques et grandioses forêts d’érables et de gigantesques pins blancs. L’eau avait recouvert la plaine jadis inondable avec tout ce qui se trouvait maintenant sous le niveau du lac. Mais le fond du lac était en faible pente et à plusieurs endroits l’état des berges incitait à faire du remplissage pour gagner du terrain! C’était le début de la baisse de qualité de l’eau du lac! A suivi le massacre du lac par ces industries qui ne voyaient du lac qu’une façon peu couteuse de se débarrasser de ses déchets. Notre ministère des transports et nos municipalités n’ont fait guère mieux en utilisant les endroits bas et marécageux comme sites d’enfouissement sanitaire.

     Depuis la fin des années ’70, nous les citoyens, avons décidé d’inverser la triste situation, soit de cesser d’envoyer au lac nos eaux usées et tout le reste. Maintenant, l’ABVLW et les groupes qui l’ont précédée ainsi que les municipalités et le ministère de l’environnement, avec des efforts importants et couteux, sont à faire de notre lac, un lac qui déjà montre des signes très encourageants.

     Des signes tellement encourageants que nous avons depuis, une plage renouvelée et très fréquentée, un club d’Aviron et maintenant l’intérêt de plusieurs, se porte vers l’état de l’habitat des poissons.

     Pourquoi ne pourrions-nous pas pratiquer la pêche sportive dans le lac Waterloo? Saviez-vous que les retombées économiques annuelles de la pêche récréative sont dans l’ordre de 2 milliards au Québec et de 12 milliards de dollars au Canada? Éventuellement les pêcheurs laisseront des sommes importantes pour l’économie régionale.
Notre lac, avec tous ses défauts, possède d’importants paramètres avantageux soit un apport en eau de ruissellement de qualité maintenant dépourvue de phosphore et de sédiments et une eau fraîche (entre 12 et 15 degrés cel.) de grande qualité provenant de la nappe phréatique. En plus le PH se maintien aux environs de 7.1 ce qui est alcalin et très avantageux pour la croissance des insectes aquatiques, la nourriture des poissons.

     A l’été 2014 plusieurs pêcheurs ont rapporté avoir capturé des brochets d’une grosseur imposante. Notre lac est aussi la résidence de perchaudes, de crapets-soleil, de barbottes, de carpes, d’achigans à petite bouche et de diverses sortes de petits poissons fourrage. Déjà dans les années ’60 à ’90, l’Association Conservation Yamaska avait légalement déposé plusieurs dorés, des truites brunes, des arc en ciel et des ombles de fontaine pour son tournoi de pèche annuel. Durant plusieurs années après la fin des ensemencements, des pêcheurs rapportaient des captures d’arc en ciel et d’ombles de fontaine.

     Le lac est déjà très poissonneux. Plusieurs espèces y vivent. Imaginez-vous ce que pourrait être notre lac avec une continuité de l’amélioration de la qualité de l’eau et de l’habitat du poisson! Nous pourrions, avec des aménagements très bien planifiés, prioriser des espèces d’ordres sportifs comme les salmonidés.

     Parmi les projets pour le lac, certains ont été réalisés au cours des dernières années. Pensez à là remise en état de la plage municipale, à l’élimination d’apports de phosphore par ruissellement, la mise en fonction du Club d’aviron et la construction du bâtiment pour les canots et kayaks. Mais il y en a encore plusieurs autres sur la planche à dessin! 

     Le Sentier des libellules, vous connaissez? Ce sentier existe déjà mais là s’arrête son développement.  Le projet comprend entre autres, les accès à des quais flottants accrochés aux berges, l’installation d’îles flottantes, de la signalisation interprétative et de consignes de sécurité, différents types de structure d’accueil comme un ou deux grands belvédères sur pilotis. Tout çà, au grand plaisir des enfants surtout lors de l’activité de Pêche en herbe (pour les 9 à 12 ans) tenue à Waterloo à tous les ans soit le dernier samedi d’avril. Plus d’une douzaine de moniteurs des Pêcheurs à la mouche de la Haute-Yamaska (P.M.H.Y) donnent la formation et assurent la pratique sécuritaire de la pêche sportive. Pour inscrire un enfant à Pêche en herbe s’adresser aux loisirs de Waterloo. Bien sûr que ce site facile d’accès serait pour les  pêcheurs de tout âge.

     Le Ruisseau Frost, celui-là aussi vous connaissez? Cet affluent du lac Waterloo possède une particularité plutôt rare dans notre région. C’est un ruisseau alcalin signe que son approvisionnement en eau est principalement de la nappe phréatique (eau de source froide) et le reste de ruissellement. Une population de truites mouchetées indigènes y vivent mais ayant été soumises à des conditions très peu favorable dans le passé, il serait bon de faire un diagnostic pour éventuellement poser des gestes permettant la réhabilitation de la truite mouchetée (omble de fontaine) possiblement considéré comme espèce menacée. La partie en amont de la route 122 au-delà du club de golf de Waterloo, serait considéré sanctuaire avec interdiction d’y pêcher. En aval  du camping, l’habitat  de la truite serait restauré pour améliorer les conditions de vie et de reproduction naturelle par l’aménagement de frayères. Ce site serait considéré sanctuaire sans pêche mais accessible aux visiteurs dans des objectifs d’observation, loisirs, d’interprétation et d’études.   

     Le Parc des Pêcheurs, celui-là aussi vous connaissez?  Lorsque sur le pont de la Rue Allen en regardant vers l’aval, la rivière est en ligne droite comme une autoroute. Ce n’est pas naturel! Jadis à cet endroit, c’était une plaine inondable et la rivière coulait en méandres. Pour diverses raisons les autorités d’un lointain passé ont redressé la rivière. Cependant, l’ancien lit en méandres de la rivière existe encore en grande partie du côté Est. Il est camouflé par une végétation disparate mais  contient toujours une importante quantité d’eau. Ce site est parfaitement restaurable pour en constituer un parc de la Ville de Waterloo.  Celui-ci serait parallèle au cours d’eau tel qu’on le connait de nos jours. Suite au diagnostic du plan de remise en état du site, l’habitat de la truite pourrait être restauré pour créer ce parc à valeur culturelle, touristique et de pêche sportive. Ce serait un site magnifique pour la pratique de la pêche dans le cadre de Pêche en herbe!                      

     En regardant dans un avenir prochain, ont pourrait y voir plusieurs nouvelles étapes venir s’ajouter pour faire du lac Waterloo et ses environs un petit paradis de pêche semi-urbain à l’avantage du bien-être de tous.

Qu’en pensez vous?

référence

» Claude Bernard, président
» Musée de pêche à la mouche du Canada Inc.
Page 5 sur 12