La Rimouski a sa Mouche, LA SURPRENANTE «RIMOUSKI SPÉCIALE»

EN EAUX BASSES ET CLAIRES

     Quel merveilleux sport qu'est la pêche au saumon, avec ses innombrables frustrations, interrogations et récompenses.

     Reculons au mois d'août 1978. Par une belle journée d'été je me rends à la rivière Rimouski, qui est à quelques milles de chez-moi pour taquiner Monsieur Saumon. Durant une bonne partie de la journée, j'essaie une multitude de mouches sèches et mouillées sans aucun résultat. Il y a bien eu quelques marsouinages sur mes petits Bombers blancs, mais aucun saumon n'avait daigné les gober. Je me promets de revenir le lendemain avec de nouvelles «armes».

     Dans la soirée, je m'installe à mon étau et confectionne d'autres Bombers de différentes grosseurs et de couleur pâle, l'eau étant claire et à son plus bas niveau à ce temps-ci de l'année. Il me vient à l'idée de monter une petite mouche mouillée avec l'aile blanche et le corps vert clair, me rappelant le marsouinage sur mes Bombers blancs durant la journée; pour ce qui est du corps vert, j'ai toujours eu du succès avec cette couleur, dans les eaux limpides. Après quelques heures de travail assidu à mon étau, une demi-douzaine de ces petites mouches de grosseur #4 à #10 reposent sur mon établi. Je rêve déjà au lendemain.

     Vers 7.00 hres, j'arrive à la rivière et surprise, personne ne pêche à l'endroit où j'ai eu de l'action hier. J'installe à mon avançon un petit Bomber blanc. Après quelques lancers, un saumon s'élance vers ma mouche et fait un énorme bouillon autour de celle-ci, mais ne la gobe pas; au lancer suivant, le même manège se répète, avec le même résultat.

     «Oui Claude, c'est le temps d'essayer ta petite mouche mouillée». J'installe à mon avançon cette nouvelle création dans la grosseur #8 simple. Après quelques minutes d'attente, je fais un premier lancer et allonge d'un pied à chaque lancer suivant. Après cinq ou six lancers, me voici à l'endroit critique et comme je l'espérais, Monsieur Saumon attaque férocement ma petite mouche et le combat s'engage. Après une quinzaine de minutes d'efforts, Salmo Salar rend les armes. Une magnifique pièce de 12 livres se retrouve sur la berge. Je baptise donc ma création la «Rimouski Spéciale» en l'honneur de cette rivière.

     Au fil des ans, j'ai capturé bon nombre de saumons avec ma «Rimouski Spéciale» dans des conditions de pêche semblables (eau basse et claire) et ce, sur plusieurs petites rivières, dont la Matane, la Mitis, la Bonaventure et St-Jean. Elle garnit maintenant le coffre d'un grand nombre de pêcheurs de la région.

Rimouski Spéciale

La Rimouski a sa mouche
Tête: fil 6/0 ciré noir.
Ferret: lamé oval or fin.
Queue: fibres de hackle rouge.
Corps: laine vert clair.
Enroulage: lamé plat or mouches #4 et #6; lamé oval or mouches #8 à #12.
Aile: poils de queue de veau ou de chèvre blanc.
Hackle: jaune clair en collier.
     Voici donc la toilette de cette mouche. On peut la monter sur hameçon simple ou double dans les grosseurs #4 à #12.

     Vous pourrez observer de près cette mouche lors du congrès annuel de la FQSA, un assortiment spécial y étant offert, en prix de participation par l'Association des pêcheurs sportifs de saumon de la rivière Rimouski (APSSRR inc.).

     Association des Pêcheurs Sportifs de Saumons de la Rivière Rimouski inc. c.p. 454, Rimouski, P.Q. G5L 7C5

références

» Par Claude Desrosiers
» Salmo Salar #4, Janvier – Février 1986.

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