Le Montage de Mouches

     Jean-Olivier Caron pêche également depuis sa plus tendre enfance, mais la pêche à la mouche a déclenché chez lui une réelle passion. À la Maison des jeunes, il passe son temps dans la salle de montage et il veut toujours aller plus loin, en apprendre toujours plus. Jean Olivier n’a que 14 ans, mais il a déjà animé des cliniques de montage de mouches devant plus de trente personnes suspendues à ses lèvres. Il est l’archétype du pêcheur à la mouche idéal. Toujours à l’écoute, il est observateur, curieux, persévérant, aventurier, patient et très calme. Cependant, Jean-Olivier est très excité par les temps qui courent : il va acheter sa première canne à mouche ce weekend. Ma grande foi du Bon Dieu ! Plus enthousiaste que ça, tu meurs ! À l’entendre, il va sûrement finir par coucher avec elle ! (MV)

Le Montage de Mouches Par Jean-Olivier Caron
     La pêche à la mouche est devenue une nouvelle passion pour moi. Pour nous, à la Maison de Jeunes, la pêche est un sport et non une façon de revenir avec du poisson pour faire subsister notre famille et nos proches. On fait beaucoup de remises à l'eau. En fait, la pêche est un art et une façon de se cultiver tout en s'amusant et en regardant la nature. C'est pour cela que j'en suis devenu « accro ». Quand je ne suis pas sur une rivière ou un lac, je suis dans la salle de pêche, devant un étau à monter des mouches pour nos prochaines sorties. C'est donc le sujet de mon article: mes expériences en tant que monteur de mouches.

MA PREMIÈRE MOUCHE

Le montage est une partie importante de la pêche à la mouche. En six mois, j'ai fait d'énormes progrès. Je suis passé de zéro à « accro ». Ma première mouche, c'est Isabelle qui me l'a montrée. C'était le Wolly Bugger, une mouche qui imite une sangsue, extrêmement polyvalente et qui est en train de surpasser, point de vue popularité, le Muddler Minnow. Cette mouche facile à monter est très bonne pour les débutants qui veulent découvrir la pêche. J’ai mis plus de 45 minutes à monter ma première : une chance qu'Isabelle était là pour moi ! Elle m'a aussi montré tout le matériel, les hameçons et toutes les techniques nécessaires pour monter des mouches. La technique la plus difficile est le noeud de finition que j’ai mis beaucoup de temps à maîtriser correctement. Après des heures et des heures de pratique, j'y suis parvenu. Durant la Méga-Pêche du Vieux-Port de Montréal, si vous en avez entendu parler, c'est moi qui m’occupais de l'atelier : montage de mouche. Je montrais aux gens à monter un Wolly Bugger. Aujourd'hui, je fais cette mouche entre 5 et 7 minutes et je suis rendu avec une boîte contenant 50 à 60 Wolly Buggers.

Les Streamers, Caddis et Poppers

     Ensuite, j'ai appris plusieurs streamers. Ce type de mouches imite de petits ménés. Premièrement, j'ai appris la Gray Gost, puis la Mickey Finn, la Green Ghost, la Magog Smelt, et la VSQB. La VSQB est une mouche dont le « père » est Mario Viboux lui-même. Cette mouche est très attrayante car elle possède beaucoup de Crystal Flash. À 19 h précises, si vous voulez prendre du poisson, sortez votre VSQB et c'est sûr à 95 % que ça va mordre, car avec la luminosité du soleil, cette mouche devient irrésistible. Voilà ce que Mario nous répète souvent. La VSQB et la Magog Smelt sont mes deux streamers préférés. J'adore les monter. Mon hameçon préféré pour ces sortes de mouches est la numéro 2/0. C'est très différent d'un Wolly Bugger car sur celle-ci, tout s'attache à l'arrière, alors que c'est le contraire sur un streamer. Le gros défi, c'est de ne pas faire une trop grosse tête. J'ai fait des streamers que je cachais, tellement les têtes étaient énormes. Mais on s'améliore de jour en jour. Ce qu'il y a de nouveau quand on monte un streamer, c'est qu'on utilise du poil de chevreuil. J'ai appris comment l'égaliser. Ce que j'aime le moins, c'est de poser du Tynsel plat. J'aime les streamers, car ils donnent une mouche très représentative.

     Comme mouche sèche, j'ai appris à monter des moucherons et des caddis. Ce qui est très difficile c'est de ne pas mettre trop de fil sinon elles ne flotteront pas. Comme nymphe, j'ai aussi monté une Montana jaune et noir. Le dernier de mes défis a été de faire un popper à achigan constitué d'une queue en marabout dont la hampe est du poil de chevreuil tourné. C'était la première fois que je tournais du poil et je n'étais pas très rassuré, mais je m'en suis bien tiré. J'ai même trouvé cela évident. J'ai ensuite monté un Muddler Minnow. Selma, une pionnière du groupe de pêche à la mouche, qui est devenue une excellente pêcheuse et monteuse, était très impressionnée de ma performance.

Sans aide

     Maintenant, je suis capable de monter des mouches sans l'aide de personne. Je me mets un modèle et je le reproduis. Le montage de mouches est très difficile, au début, mais quand tu connais toutes les bases, c'est vraiment évident. Je suis très content que Mario ait monté un groupe de pêche à la mouche aussi passionnant. Sans Mario et Isabelle, je ne serais pas en train de vous parler de ma nouvelle passion dans un guide comme celui-ci. J'ai beaucoup de respect pour Mario Viboux : en fait, il est mon idole en pêche à la mouche. Un jour, je voudrais être aussi bon que lui en pêche et en montage de mouches. En attendant, je vais continuer à pratiquer et je crois que bientôt, je vais m'attaquer aux mouches à saumon!

Référence

» Texte: Jean-Olivier Caron

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