Des Matériaux Fort Utiles

     Bon nombre de moucheurs sont en même temps des monteurs de mouches et des chasseurs, et ils profitent de la période automnale pour amasser des matériaux qui s'avéreront utiles à la confection d'artificielles lors de la prochaine saison hivernale. Et, si vous n'êtes pas un disciple de Nemrod, des chasseurs se feront un plaisir de vous remettre la peau ou les plumes convoitées. N'hésitez pas à rencontrer des fourreurs, des trappeurs, de même que des taxidermistes qui vous donneront sûrement des retailles.

Des matériaux fort utiles
     Ainsi, pour former le corps de plusieurs mouches, la fourrure du castor, de la loutre, de la marmotte, du renard, du rat musqué et même du lièvre s'avère un dubbing des plus pertinents. Et les poils de garde (poils longs et raides) de certains de ces animaux sont aussi utilisés pour former les ailes de certains streamers et mouches à saumon. Sans compter que la queue de plusieurs mammifères, comme celle du chevreuil, de l'écureuil, etc., est un atout intéressant. Les poils des gros gibiers (caribou, cerf de Virginie, ours et orignal) servent souvent de queue, de corps, d'ailes et de tête à plusieurs artificielles. À mon avis, la fourrure et les poils des animaux sont les meilleurs matériaux pour former le corps et les pattes des insectes aquatiques.

     La plupart des plumes du corps et des ailes des oiseaux migrateurs, du faisan, de la gélinotte huppée, du pigeon, des perdrix et du tétras des savanes font partie des matériaux des monteurs de mouches expérimentés. Saviez-vous que les petites plumes du carouge à épaulettes, de la corneille, du mainate bronzé, de l'étourneau sansonnet et du vacher à tête brune sont employées pour former les pattes de plusieurs modèles de mouches noyées et de nymphes? D'ailleurs, la plupart des soft hackles (des mouches très productives) ont leur collerette formée avec ces petites plumes. De plus, dans la confection de certaines mouches, on se sert de plus en plus de la filoplume, cette petite plume de duvet attachée à la plume du dos des oiseaux.

LES MOULINETS

     Pour pêcher la plupart des espèces de poisson d'eau douce, il n'est pas nécessaire d'utiliser un moulinet coûteux, car il ne sert, la plupart du temps, qu'au remisage de la soie, du bas de ligne ... et de quelques mètres de ligne de réserve ... si le monstre tant convoité gobe la mouche. Il est assez rare de combattre les poissons de petite taille avec le moulinet. On ramène plutôt la soie avec la main libre. Le moulinet ne sert qu'à emmagasiner la soie lâche déposée soit dans l'embarcation, soit à la surface de l'eau. Utilisez toutefois le moulinet le plus léger possible. Mais, si vous pratiquez la pêche des gros spécimens, le moulinet devient dès lors un outil indispensable. C'est le moulinet qui ramène le poisson.

     Dans votre choix, portez attention au système de frein, au type d'action, à la capacité d'emmagasinage, et prévoyez un tambour de réserve. Après avoir repéré les modèles les plus légers possible équipés d'un contre-balancier qui évite l'enroulement, recherchez-en un dont le tambour est assez ample pour contenir la soie et plusieurs mètres de ligne de réserve, et qui est aussi muni d'un excellent système de freinage à tension réglable. À propos, le teflon est un matériau synthétique des plus résistants. Évitez autant que possible les moulinets à récupération multipliée et automatique, les pêcheurs expérimentés préférant davantage ceux à récupération simple. Prévoyez aussi un ou des tambours de réserve pour les soies calantes et à pointe plongeante.

Références

» Texte & Photo: Gilles Aubert (1996).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.

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