Ronds de «Gobage»

     Étant donné que la pêche des salmonidés à la mouche est davantage une pêche «à vue», le pêcheur se doit de comprendre les indices qui trahissent le comportement de ces poissons. Et comme leur activité alimentaire est directement liée à la vie subaquatique, notamment celle des insectes, le pêcheur avisé doit être un observateur attentif. Ainsi, tout dépendant des ronds de «gobage» à la surface de l'onde, il a appris à discerner à quel ordre et, à tout le moins, à quel stade l'insecte attrapé par le poisson appartient. Malheureusement, par ignorance, plusieurs adeptes de la pêche à la mouche croient qu'un rond à la surface signifie que le poisson vient de gober nécessairement un éphémère.

Ronds de «Gobage»
     Qu'en est-il vraiment? Souvent, un léger remous à la surface pourrait être occasionné par la queue d'un poisson recherchant des nymphes sur le fond du plan d'eau. Et si, tout comme la baleine ou le dauphin, vous apercevez les salmonidés percer la surface de l'eau en montrant leur nageoire dorsale, c'est probablement qu'ils se gavent de nymphes émergeant à la surface... et non d'insectes adultes ailés. Par contre, des cercles concentriques à la surface avec une petite bulle d'air au centre vous apprennent que le poisson vient probablement d'attraper un éphémère adulte à peine émergé.

     Pourquoi la bulle? me demanderez-vous. C'est que de l'air demeure emprisonné dans la gueule du poisson après qu'il ait gobé, à l'extérieur de l'eau, l'insecte adulte. Si le cercle est à peine perceptible, la surface de l'onde à peine modifiée, il est plus que certain que le poisson se nourrit d'insectes morts après la ponte (spinners), d'insectes qui flottent plutôt dans le film de l'eau qu'à la surface, ou bien d'insectes terrestres. Et si les poissons sautent hors de l'eau pour attraper les insectes, vous assistez fort probablement à une émergence de trichoptères. Il faut savoir que ces insectes se transforment de l'état de pupe à l'état adulte très rapidement, à la surface, ce qui ne laisse guère de temps au poisson pour les gober. De plus, si les poissons attaquent avec frénésie, on peut prétendre qu'ils se nourrissent de plécoptères ou de trichoptères. À propos, habituellement, les «gobages» bruyants sont plutôt l'apanage de petits poissons inexpérimentés, les gros étant généralement plus discrets.

Références

» Texte & Photo: Gilles Aubert (Mars 1996).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche.
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