Pêcher le Saumon avec des « Streamers »

     La plupart des pêcheurs de saumon utilisent des mouches noyées traditionnelles ou encore des mouches sèches de type «Bomber» ou de type «Wulff».

Pêcher le Saumon avec des Streamers
     Cependant, d'autres types de mouches artificielles peuvent s'avérer très efficaces, mais celles-ci sont souvent méconnues des pêcheurs, flous voulons parler ici des «Streamer» ou «Bucktail».

     Dans les faits, les artificielles de type «Streamer» ou «Bucktail» ont pour but premier d'imiter des petits poissons qui entrent dans la chaîne alimentaire du poisson et qui, par leur présentation, pourraient éveiller l'appétit de ce dernier.

     Les pêcheurs à la mouche qui s'intéressent à plusieurs espèces de poissons connaissent généralement bien les «Streamers» et les «Bucktails».

     Par exemple, pour le pêcheur de truite mouchetée ou de truite arc-en-ciel, l'efficacité d'un Muddler Minnow n'est plus à démontrer. Il en est de même pour le pêcheur de truite grise ou de ouananiche qui n'hésitera pas à utiliser des «Streamers» tels que des Magog Smelt, Colonel Fuller, Edson Tiger qui ont pu leur donner satisfaction dans le passé.

     Cependant, nous savons tous que le saumon atlantique est réputé pour ne pas se nourrir dès qu'il revient en eau douce et que, de ce fait, il devient difficile de concevoir qu'on puisse le capturer en lui présentant une imitation d'un élément de sa chaîne alimentaire.

     Pour répondre à cette question, disons simplement que les «Streamers» ou «Bucktails» peuvent exciter l'appétit du poisson, ou tout au moins provoquer une réaction de celui-ci.

«Streamer» vs «Bucktail»

Pêcher le Saumon avec des Streamers
     Le livre de Joseph D. Bâtes, Streamers Flythying and Fishing» (1950), fournit une quantité inestimable d'informations sur les effets recherchés par l'utilisation des artificielles de type «Streamer» ou «Bucktail». Il traite aussi de leur fabrication et de leurs avantages et comprend un inventaire de ceux qui sont les plus reconnus.

     Bien que l'auteur lui-même mentionne qu'il n'est pas toujours évident de bien définir ce qu'est un «Streamer» et ce qu'est un «Bucktail», il convient de dire que ce sont les plumes qui prédominent dans les ailes du «Streamer», et les poils, habituellement du chevreuil, qui dominent dans celles du «Bucktail». De plus, en fonction de ses objectifs propres, le «Streamer» se doit habituellement de respecter les caractéristiques du poisson qu'il imite: foncé sur le dessus (matériel foncé, peacock), ligne claire au centre (matériel clair), joue, ouïe (jungle cock), etc.

     Certaines raisons amènent un poisson à prendre un «Streamer» ou un «Bucktail». D'abord, il faut savoir qu'un poisson s'attaque à une proie pour différentes raisons.

     Dans son livre, Bâtes dit qu'il y a quatre raisons qui poussent le poisson à agir et que celles-ci se regroupent dans deux catégories.

     Dans la première, qualifions-la d'utilitaire, le poisson s'attaque à une proie parce qu'il a faim, donc pour manger.

     Aussi l'imitation doit respecter le plus possible ce que mange le poisson : caractéristiques, forme, longueur, couleur.

     La plupart des mouches utilisées par les pêcheurs à la mouche tentent de répondre à cette catégorie d'Imitation : imitation de mouches, nymphes, vers, petits poissons («Streamers», «Bucktails»).
 
     La deuxième catégorie regroupe toutes les autres raisons qui ne sont pas nécessaires à la survie du poisson.

     On y retrouve souvent les raisons que connaissent très bien certains pêcheurs (si l'on se fie à l'effort qu'ils mettent à l'expliquer aux autres sur le bord des cours d'eau !), mais qui sont méconnues des scientifiques.

     Dans cette catégorie, disons que le poisson s'attaque à la proie pour diverses raisons : par curiosité, pour jouer, parce qu'il est fâché, pour protéger son territoire, etc.
Ici, l'objectif de la mouche artificielle est donc d'attirer l'attention du poisson, de le faire réagir. Pour y arriver, nous croyons alors que tout est permis : imitation de 4 po de long, couleurs éclatantes, etc. On pourrait aussi dire que, moins ça ressemble à ce que connaît le poisson, mieux c'est.

     Bien qu'on puisse utiliser des mouches artificielles des deux catégories, il convient d'employer d'abord, pour la plupart des poissons, des imitations répondant le plus possible à des éléments de leur chaîne alimentaire.

Voici comment on peut fabriquer ces artificielles qui représentent les deux catégories :
     - Tinsel : Représente les flancs
     - Marabout : Donne l'apparence de vie et la couleur du corps
     - Poils, ailes de couleur et autres accessoires : attirent l'attention
     - Peacock : dos
     - Jungle cock : tête, ouïes, branchies

     Ex. : Black Ghost, Ballon spécial, Edson Tiger, Mickey Finn et bien d'autres.

Les «Streamers» ou «Bucktails» pour la pêche du saumon

Pêcher le Saumon avec des Streamers
     Si nous convenons que les motifs qui amènent un saumon à prendre une artificielle entrent davantage dans la deuxième catégorie, c'est-à-dire pour autre chose que pour se nourrir, on peut donc imaginer une quantité illimitée de possibilités de fabrication.

     Il suffit de constater le nombre impressionnant de «Bombers» différents qui se retrouvent dans les boîtes à mouches des pêcheurs. Denys Poirier à lui seul, dans son livre Mouches sèches à saumon, en présente 215 modèles aux couleurs différentes et il nous invite à y ajouter les nôtres.

     Pour les «Streamers» ou les «Bucktails» qui répondent aux mêmes objectifs, on peut dire que les variations peuvent être tout autant illimitées.

     Plusieurs pêcheurs de saumon considèrent que les «Streamers» ou les «Bucktails» ne sont efficaces que lorsque l'eau est haute, sale et dans les grands courants comme en début de saison.

Pêcher le Saumon avec des Streamers
     Bien que cela soit vrai en raison de leur caractéristique d'être facilement visibles, plusieurs pêcheurs d'expérience connaissent aussi l'efficacité de ces imitations pour faire réagir un saumon lorsque l'eau est basse et claire et que le saumon ne semble pas intéressé par les mouches usuelles.

     Cependant, les méthodes de pêche au «Streamer» ou au «Bucktail» sont particulières. Celles que nous vous présentons, et qui sont tirées du livre Streamers Fythying and Fishing, se sont avérées efficaces.

     Dans les faits, les pêcheurs de saumon qui utilisent régulièrement ces mouches attirantes savent qu'un de leurs avantages importants est de faire «virer» le saumon, de le faire bouger, donc de le repérer.

     Même si le saumon ne prend pas cette artificielle, dès que celle-ci nous a permis d'établir sa position, on peut alors tenter de le prendre avec une mouche plus classique.
Enfin, voyons pour terminer certaines caractéristiques souhaitées lors de l'utilisation des «Streamers» ou des «Bucktails».

Fabrication

     Plusieurs de ces artificielles sont souvent trop « parées » et ont la tête trop lourde. Il est reconnu que les mouches sobrement garnies donnent de meilleurs résultats. Lorsqu'il y a trop de matériel, les mouches perdent leur nécessaire profil continu.

Éclat

     L'éclat (flashing) est déterminé par les conditions de l'eau dans lesquelles on pêche et par l'intensité du soleil. L'éclat de la mouche sert à la rendre visible.

Action

     L'action de la mouche devrait correspondre à la vitesse de l'eau dans laquelle on pêche. Plutôt que de se collera l'hameçon, le matériel de la mouche devrait donner une apparence de vie.

Couleur

     Bien que la couleur soit importante dans certaines circonstances, selon l'auteur de Streamers Flythying and Fishing, M. Joseph D. Bâtes, les principales caractéristiques d'une bonne mouche sont la forme, l'éclat et l'action.

référence

» Par Denis Lord, en collaboration avec la Rivière-école de Matane
» Photos de mouches tirées de L'art du montage de mouches, les éditeurs de Sentier chasse-pêche
» Salmo Salar #47, Été 1997.
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