Le Saumon... Comment et pour Qui ?

Par Martin Poisson

    La canne à moucher en main depuis l’âge de 11 ans et saumonier depuis plus de 30 ans, Martin Poisson est guide de pêche professionnel sur les rivières Bonaventure et Matane.

     Le rythme cardiaque « au plancher », les cris de joie accompagnant la larme à l’oeil, l’émotion à son comble... voilà les réactions du pêcheur qui représentent la meilleure rémunération du guide, lorsque M. Saumon s’attaque à une mouche présentée de la bonne façon. Le saumon atlantique en rivière, c’est un rêve réalisable pour qui veut bien s’y mesurer.

Comment S’y Prendre ?

Martin Poisson: Le Saumon... Comment et pour Qui ?
     La pêche à la mouche est la seule méthode permise au Québec pour la capture du saumon en rivière. Nul besoin d’être un professionnel du lancer à la mouche pour tenter de se mesurer à la bête, car c’est la « parade » de présentation de la mouche qui déclenche, en grande partie, l’attaque ou l’indifférence du saumon, face à l’intrusion de la mouche dans sa « bulle ». Les courants sont donc vos alliés quand on parle de pêche au saumon.

     Par ailleurs, que dire de la fameuse « chance du débutant » qui est fréquemment et, surtout, due à une présentation non conventionnelle? Il en résulte régulièrement une attaque aussi rapide que soudaine d’un saumon qui dormait dans la fosse depuis déjà bien des heures.

     Rien ne vaut un guide compétent pour vous initier adéquatement dans ce monde merveilleux de la pêche au saumon. Sa réputation et son expérience sont les garanties que vous irez à la « bonne école ». Qui dit « enseignement » dit aussi « capacité par le guide » à bien vulgariser le langage saumonier. Il sera en mesure de vous expliquer les techniques nécessaires pour avoir du succès à la pêche au saumon et ainsi, l’initié pourra par la suite, intégrer le tout selon son style, ses outils et son expérience.

Quelques Petits Trucs !

     Plusieurs chanceux ayant déjà eu l’occasion de se mesurer à Salar, sans avoir eu la chance de « ferrer », ont malheureusement eu droit à des commentaires du genre : « Les conditions d’eau ne sont pas bonnes ; peu de saumons en rivière ; tu ne lances pas assez long ; etc. ». En réponse à leurs probables interrogations, je donne quelques trucs non négligeables qui auraient probablement changé les choses :

Quelques Petits Trucs !

« L’expérience » se rencontre; tous les deux en sortiront grandis
     • Théorie validée de mon ami Claude H. Bernard, le saumon « preneur » se situe dans 1 à 2 mètres d’eau, avec un courant de surface supérieure à 4 km/heure (le pas de marche d’un homme) et est souvent collé sur une masse rocheuse équivalente à une boule de quille. L’avez-vous repéré dans la fosse ?

    • La parade de la mouche noyée que l’on a décidé de présenter est-elle assez rapide ? Ou bien doit-on changer pour une mouche sèche ?

     • À notre arrivée, avons-nous été silencieux ou bruyants ? A-t-on fait bouger le fameux prospect dans la fosse ou bien, est-il complètement dans sa bulle et fin prêt à défendre son territoire ?

     • Où a été faite ma présentation initiale? À 1 mètre en avant du saumon, comme il se doit pour la présentation de la noyée, ou sur son dos pour la sèche ? Le guide m’a-t-il indiqué l’approche à prioriser ou bien, « Vas-y mon vieux ! » sans plus ?

     • La luminosité, à l’heure où vous pêchez, a quel effet dans la fosse ? La découpe ombragée faite par les arbres dans une fosse est souvent déterminante. En effet, le passage de la mouche à cet endroit fait en sorte que, tout d’un coup, une mouche contrastante « éclate en couleur » à son arrivée au soleil et agit comme un déclencheur d’attaque très efficace.

     • Finalement, le saumon a-t-il réagi, ne serait-ce que d’un simple mouvement de queue, à l’approche de l’offrande ? Si vous êtes observateur et que vous répondez par l’affirmative, sachez que 80 % du travail est accompli. Il ne reste qu’à être patient et inventif.

Pour Qui ?

Martin Poisson qui « écoute le silence »
     Bien que peu accessible par le passé, cette activité halieutique est maintenant à la portée de tous les pêcheurs désireux de tenter l’expérience. L’abolition des clubs privés, réalisée dans les années 70, et la mise en place d’organismes responsables de la gestion de ce patrimoine faunique ont ouvert les portes à quiconque recherche la réalisation de ce vieux rêve qu’est la capture d’un saumon à la mouche.

     Le débutant ou la débutante aura avantage à choisir un bon guide pour son initiation et, le cas échéant, saura profiter au maximum des précieux conseils de ce dernier, afin de gagner de l’autonomie pour ses futures sorties de pêche.

     Quant à l’expert, un guide lui fournira les outils pour raffiner les techniques déjà assimilées, car malgré certains succès passés, rien ne vaut l’expérience « terrain » d’un passionné quand les conditions de pêche ne sont pas optimales.

Conclusion

     Pour conclure, « l’expérience saumon » est avant tout un moyen de s’imprégner dans une nature d’une beauté incomparable où l’expression « écoutez le silence » trouve tout son sens. Le glissement de la soie sur l’eau cristalline et le son du ruissellement de la rivière sont les ingrédients qui détendront vos sens jusqu’à ce que le seigneur de nos eaux décide du moment opportun pour vous faire vibrer. Le seul danger dans tout ça, c’est d’être atteint à tout jamais de la « salmonite aiguë ».

     Bon voyage de pêche !

Références

» Texte Martin Poisson.
» FQSA.
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