Une Sélection de Mouches à tout faire par Louis Tanguay

     Un choix d'artificielles pour pêcher différentes espèces n'est pas facile à établir. L'auteur nous propose une sélection d'artificielles disponibles commercialement pour la truite mouchetée, le brochet, le doré et l’achigan, ainsi que quelques patrons que les monteurs pourront attacher et essayer.

Une sélection de mouches à tout faire
     Les lecteurs de la chronique «Tête à queue» dans Sentier Chasse-Pêche se souviendront sans doute des propos d'Hercule Samson dans sa chronique du mois d'août 1989, intitulée «Quelle mouche a piqué les moucheurs?». Je cite: «Malgré un nombre astronomique d'artificielles, le pêcheur à la mouche n'aura jamais le sosie parfait de la petite bibitte qu'il vient de capturer!...» Tout un observateur, cet Hercule! Quelle perspicacité mais quelle modération aussi, car en plus du nombre astronomique d'artificielles dont disposent certains pêcheurs, il aurait pu également dénoncer le comportement de certains autres qui apportent avec eux, lors de voyages de pêche, leur matériel de montage de mouches pour être sûrs de pouvoir faire face à toute éventualité!

     Impliqué depuis près de 25 ans dans des activités de toutes sortes reliées à la pêche à la mouche, j'ai vu, comme bien d'autres au Québec, grandir cet intérêt des Québécois pour la pêche à la mouche. Cette «émergence» d'artificielles, qu'Hercule Samson souligne avec beaucoup d'humour et d'à-propos, m'apparaît comme un phénomène inévitable, symptôme d'une bien douce maladie. On a modifié d'anciens patrons de mouches; on a créé de nouvelles parures dans le but d'ajouter un petit quelque chose à notre qualité de pêche.

     Pour les moins initiés d'entre nous, le choix d'artificielles n'est certes pas une démarche simple; de plus, les mouches présentées dans nos revues sont rarement disponibles commercialement. Établir une sélection de base n'est pas non plus de tout repos, celle-ci étant souvent faite en fonction de nos observations et de nos succès.

     Dans cet article, j'aimerais donc vous suggérer une sélection restreinte d'artificielles disponibles commercialement, alors qu'aux monteurs de mouche, je réserve quelques patrons qu'ils pourront éventuellement attacher et essayer.

Truite mouchetée

     Dans la littérature, le nombre d'artificielles identifiées spécifiquement pour pêcher la truite mouchetée m'impressionne beaucoup; je crois parfois qu'il existe plus d'imitations que d'insectes naturels déclarés d'intérêt pour le pêcheur à la mouche!

     Il y a trois ans, au retour d'un forum ATOS, René Longval, un inséparable compagnon de pêche, et moi-même tentions d'identifier les artificielles que nous utilisions le plus souvent lors de nos excursions de pêche. L'inventaire des mouches nous sembla alors restreint. Poursuivant nos réflexions, nous décidions de prélever des échantillons de contenus stomacaux des truites lors de nos prochains voyages de pêche. Ainsi, pendant deux saisons, nous avons pris soin de conserver ces prélèvements, indiquant les date, endroit et artificielle avec laquelle nous avions capturé chaque spécimen.

     Ces observations nous ont permis de constater de façon très convaincante l'importance des nymphes de libellules dans la diète de la truite mouchetée prise en lac, principalement dans plusieurs lacs de la Mauricie et de la Haute-Mauricie, dans d'autres situés à 240 kilomètres au nord de Baie-Comeau et, plus récemment encore, dans le lac des Baies, situé à environ 160 kilomètres au nord de Chicoutimi dans la ZEC Onatcheway-Est. Dans ce dernier plan d'eau, mes compagnons de pêche et moi avons vécu des moments exaltants, alors qu'à un certain moment, les truites attaquaient voracement nos Muddler Minnow. De retour au camp, un examen du tube digestif de quelques truites nous révélait la présence d'une abondance de nymphes d'odonates.

     La période où la truite de lac se nourrit le plus de ces nymphes s'étend de la mi-mai à la fin du mois de juin. Lors des autres mois de la saison de pêche, bien que la truite continue de s'en nourrir, sa diète semble toutefois plus variée.

     Durant cette période, la Muddler Minnow s'avère très efficace, surtout lorsqu'elle est pêchée près des troncs d'arbres en décomposition dans l'eau, excellent habitat pour ces larves. Cette mouche est disponible dans toutes les boutiques de pêche à la mouche. Une Muddler N° 8, 10 ou 12, et de préférence pas trop chargée, me paraît très appropriée.

     D'autres artificielles peuvent aussi être très efficaces. Je pense entre autres à la «Casual Dress» N° 6, 8 et 10 de Polley Rosborough et à la L.T. Muddler N° 8 et 10, déjà présentée dans une édition de Sentier Chasse-Pêche (mars 1988, page 143). Les nymphes d'éphémères constituaient aussi une partie importante de la diète des truites que nous avons prises. Bien que cet ordre d'insectes aquatiques comprenne plusieurs types de nymphes dont l'allure et le comportement varient beaucoup, contrairement à nos attentes, les nymphes d'éphémères que nous avons prélevées étaient assez semblables quant à leur dimension, celles-ci variant de 3/8 à 1/2 pouce (9,5 à 13 mm) de longueur. Parmi les artificielles disponibles chez nos commerçants, la Hare's Ear N° 10, 12, ou 16 correspondrait assez bien à la configuration des insectes naturels que nous avons prélevés. A mon avis, il n'est pas facile de pêcher adéquatement ces petites nymphes en lac. Toutefois, dans les petits cours d'eau habités par la truite, une artificielle comme la Hare's Ear N° 12 ou 14 m'apparaît indispensable.

     J'omets volontairement d'inclure dans cette sélection de base des imitations de grosses nymphes d'éphémères. D'abord, parce que la taille de ces insectes, tels les hexagénia, n'est pas représentative de la taille moyenne des nymphes d'éphémères. D'autre part, même dans le plus fort d'une émergence de ces gros insectes, il m'est souvent arrivé de faire ma pêche avec une Muddler Minnow N° 10.

     Avant d'en arriver aux insectes adultes, soit ceux que l'on aperçoit à la surface de l'eau, j'aimerais souligner aux moins initiés qu'il y a parfois des périodes où l'activité est grande juste sous la surface de l'eau. En effet, certains insectes s'activent beaucoup sous l'eau, soit pour se propulser vers la surface, pour se débarrasser de leur enveloppe nymphale ou pour tenter de percer la surface de l'eau. Quand la truite semble être en quête de nourriture juste sous le film de l'eau, j'utilise souvent une «soft hackle fly», appelée Pheasant Tail, dans les numéros 10, 12, 14 ou 16 selon les situations. Si vous ne trouvez pas cette artificielle chez les commerçants, cherchez d'autres mouches novées de même grosseur, telles les Hare's Ear, Coachman, Mallard Quill et March Brown N° 10 ou 14.

     Ces artificielles imitent assez bien certains insectes sur le point d'émerger. Même si nous n'avons pas trouvé de pupes de tricoptêres en quantité importante dans les prélèvements stomacaux que nous avons observés (peut-être parce que ces insectes ne deviennent disponibles aux poissons qu'à des périodes précises et de courte durée), ces vieux patrons, d'origine britannique, valent la peine d'être péchés.

     Au chapitre des mouches sèches, j'hésite beaucoup à arrêter mon choix sur un modèle particulier. En effet, nous n'avons pas trouvé beaucoup d'insectes adultes dans les estomacs des truites que nous avons capturées, ce qui me laisse croire que la truite se nourrit davantage d'insectes n'ayant pas atteint ce stade. D'autre part, lorsque la truite se nourrit d'insectes adultes à la surface de l'eau, elle devient parfois très sélective.

     Sans prétendre répondre à toutes les éventualités, j'avoue avoir eu beaucoup de succès avec la Adams et la Black Gnat. J'aime beaucoup pêcher avec cette dernière dans les grosseurs N° 12 ou 14 en début de saison. Plus tard en saison, il m'arrive souvent d'utiliser une Black Gnat N° 16 ou 18 sans ailes, que je pêche semi-novée pour imiter des petites mouches («midges») à la surface de l'eau. Quant aux Adams N° 12, 14, 16 et 18, celles-ci m'accompagnent dans tous mes voyages de pêche, tout au long de la saison. Quand j'attache mes Adams, je porte une attention spéciale au choix de mes hackles pour que les fibres soient très rigides et permettent à ma mouche de flotter bien haut. Cette qualité m'apparaît essentielle pour une sèche. D'ailleurs, c'est l'une des principales raisons qui m'ont amené à la L.T. Caddis.

     Comme j'aime beaucoup pêcher en rivière, je me sentirais bien démuni si je n'avais pas quelques bucktails. Je n'ai jamais rien fait d'époustouflant en péchant en lac avec ces artificielles. Toutefois, en rivière, la Mickey Finit, légèrement plombée et pêchée méthodiquement dans les «cirés» ou les têtes de rapides, m'a permis de capturer des mouchetées de rêve et de vivre des moments inoubliables.

Le doré

     Bien des amateurs nouvellement initiés à la pêche à la mouche sont étonnés d'apprendre que le doré prend bien la mouche. A l'instar du brochet, le doré est fortement cannibale: il se lance avec fougue sur toute proie qui croise son champ de vision. Toutefois, contrairement au brochet, la couche spéciale de son oeil est très sensible à la lumière du jour, ce qui l'oblige à chercher refuge dans des endroits plus sombres. Pour ces raisons, je n'ai jamais cherché à pêcher ce poisson à la sèche, même si certains me disent qu'à l'occasion, le doré prend cette dernière à la surface.

     Le doré ne m'apparaît pas un poisson très sélectif. Un bucktail Mickey Finn péché au bon endroit et au bon moment est très efficace. Je pêche aussi le doré avec un Marabou Sculpin Matuka jaune et rouge. Cette artificielle n'étant pas disponible dans les boutiques de pêche, j'en présente le montage à la fin de cet article.

     A ceux qui voudraient ajouter une seconde mouche au bucktail Mickey Finn pour la pêche du doré, je suggère la Neptune que plusieurs pêcheurs connaissent déjà pour avoir lu la chronique Les mouches québécoises présentée par André-A. Bellemare dans la revue Sentier Chasse-Pêche du mois de mars 1989. En plus d'être disponible dans un grand nombre de boutiques, ce streamer offre une caractéristique importante: l'aile attachée au milieu de la tige de l'hameçon a moins tendance à s'enrouler autour du corps de l'artificielle. Lorsque les nombreux hackles de ce streamer sont bien imbibés, il est facile de lui communiquer une action dans l'eau.

Le brochet

     Ma première expérience de pêche du brochet à la mouche date déjà de plusieurs années. Nous avions réservé, des amis et moi, un séjour de pêche à la Pourvoirie de la rivière Broadback, sur la rivière Assinica. Ce cours d'eau est depuis longtemps renommé pour ses truites trophées de 8, 9, 10 livres (3,5, 4, 4,5 kg) et plus. Après deux jours de pêche, nous avions quelques truites de 3 à 5 livres (1,4 à 2,3 kg), mais toujours pas de trophée!

     Un matin, Ralf, un des guides, nous conduit à la tête de la rivière. De l'embarcation, bien ancrée au centre d'une immense fosse, nous pouvions pêcher tous les endroits les plus propices. Un peu en aval, à la tête du rapide, quelques grosses truites en chasse se manifestaient sporadiquement, sans empressement, et les bouillons à la surface de l'eau en disaient long sur leur taille. Il n'en fallait pas plus pour nous inspirer!

     J'avais lancé ma Mickey Finn en amont pour lui permettre de prendre un peu de profondeur au moment où elle atteindrait l'endroit de prédilection. A peine avais-je complété mon lancer et récupéré quelques pieds de ma soie, que je vis un superbe bouillon près de la surface et sentis ma soie se tendre soudainement. Ma réaction fut instantanée. Je ferrai vigoureusement, et le poisson s'enfonça dans des eaux plus profondes, en direction du lac.

     Après avoir repris mon souffle et voyant que mon visiteur ne voulait pas céder, je lançai à mon compagnon: «Je pense que je tiens un record...!» Ralf, qui avait tout observé et qui connaissait bien cet endroit, avait deviné bien avant moi la vraie nature de mon visiteur. Après plusieurs minutes de combat, je vis apparaître près de l'embarcation un animal qui me semblait tenir davantage du crocodile que du poisson. C'était un très gros brochet, comme je n'en ai jamais repris depuis, avec, piquée au bord de sa gueule, ma Mickey Finn suivie d'un avançon de 6 livres (2,7 kg) de résistance.

     Préoccupé à approcher précautionneusement mon poisson près de l'embarcation, je ne réalisai pas ce qui allait se passer. Et avant même que je puisse intervenir, Ralf avait saisi un bâton de baseball et lui assenait un coup sur le crâne. Il n'en fallait pas plus pour casser l'avançon! Le brochet s'élança hors de l'eau, on aurait dit pour un instant qu'il se tenait sur sa queue, puis il disparut dans les rapides tumultueux de la rivière Assinica.

     Cette expérience me piqua au vif. Aujourd'hui, je ne manque aucune occasion de pêcher ce poisson à la mouche. Le brochet n'est pas aussi capricieux que la truite, et son comportement me semble plus facilement prévisible. Même si, parfois, il ne se manifeste pas aussi rapidement qu'on le voudrait, il demeure vorace et finit par s'élancer sur sa proie.

À la mouche noyée:
     On peut pêcher le brochet avec une mouche novée et une soie calante. C'est ainsi que je pêche ce poisson quand le vent est fort et qu'il devient presque impossible de lancer un gros bucktail adéquatement. La Mickey Finn est une artificielle très efficace pour cette espèce. Et bien que je ne doute pas de l'efficacité d'un streamer, j'utilise toutefois très peu ce dernier, car je déteste voir l'aile s'enrouler autour de la tige de l'hameçon.

     Comme les Mickey Finn que j'utilise sont attachées en tandem, les poils de queue de chevreuil conviennent mieux pour ces montages. J'utilise également des hameçons pour les mouches à saumon, ceux-ci étant plus rigides. Les hameçons sont reliés entre eux par un fil d'acier qui se prolonge bien au-delà de l'oeil de l'hameçon antérieur et qui me sert ainsi d'avançon. Plus le tandem est gros, plus il est productif. Ce bucktail tandem est disponible dans plusieurs boutiques de pêche à la mouche.

     Il y a deux ans, je recevais d'Yvon Gendron, de Drummondville (soit dit en passant, un véritable magicien dans le montage de mouches), une série de bucktails d'aspect un peu spécial. En les voyant, j'ai tout de suite pensé m'en servir pour pêcher le brochet. Pas d'erreur, le brochet réagit à ces artificielles très résistantes avec une constance remarquable! Lors d'un atelier sur le montage de mouches à brochet donné aux membres de la Société mauricienne des pêcheurs à la mouche, les participants baptisèrent ces bucktails «Têtes de boule»!

À la mouche sèche:
     Dans la revue Sentier Chasse-Pêche du mois de juin 87, Jacques Juneau écrivait: « Si le coeur vous en dit et si les nouvelles expériences vous séduisent, la pêche à la mouche du brochet avec des «Bass-Bugs» vous procurera des expériences inoubliables.» Très juste! Déjouer un gros brochet à l'aide d'une sèche, par temps calme, procure des sensations exceptionnelles.

     J'en parle et voilà que des images me reviennent à l'esprit. Jacques Lemaire, un confrère de travail, et moi péchions le brochet dans le lac Castor-Farouche, situé dans la ZEC Menokeosawin. Ce matin-là, les conditions étaient parfaites: le temps était calme et le ciel légèrement ombragé. Jacques était assis dans la «pince» du canot. Moi, derrière, je dirigeais tranquillement l'embarcation plus avant dans une petite baie peu profonde. La semaine précédente, j'avais dérangé quelques vieux «pépères» dans ce coin-là, mais je n'en avais pas soufflé mot à mon compagnon.

     J'attachai à mon avançon une imitation de grenouille et lançai cette dernière. La grenouille, après avoir fait un saut prodigieux d'une soixantaine de pieds (18 m), fit un «plock» à la surface de l'eau. Je jetai un rapide coup d'oeil aux pattes de mon batracien: elles étaient bien allongées derrière le corps de l'artificielle. Tout me semblait parfait; le compte à rebours était commencé.

     Je levai le scion de ma canne à mouche. La grenouille fit un petit saut en avant, et ses pattes se refermèrent puis s'écartèrent. Je recommençai. Il n'en fallait pas plus! Tout juste sous la surface de l'eau, une forme allongée décrivit un arc d'environ 180 degrés autour de ma pauvre grenouille et, vive comme l'éclair, s'élança sur la proie. La grenouille disparut dans la gueule grande ouverte du brochet. Je ferrai. Le poisson était bien accroché. Jacques, ébahi, me lança: « Pas l'avoir vu, je ne l'aurais jamais cru...».

L'achigan

     Les amateurs de pêche de l'achigan sont d'accord pour dire qu'il y a peu d'espèces de poissons d'eau douce qui procurent plus d'émotions que l'achigan. Ce poisson énergique attaque farouchement l'artificielle et son combat est souvent caractérisé par d'impressionnantes acrobaties hors de l'eau.

     L'achigan est un poisson carnassier: il se nourrit d'écrevisses, de nymphes et de petits «ménés». J'avoue n'avoir jamais utilisé d'imitations d'écrevisses pour pêcher ce poisson à la mouche. Toutefois, il réagit très bien à la présentation d'un streamer.

     Un jour que je péchais l'achigan dans le lac la Pêche, situé dans le parc national de la Mauricie, je rencontrai un pêcheur de la région de Grand-Mère qui disait faire ses pêches avec un petit streamer péché à la traîne derrière son canot. Il ne se souvenait pas du nom de la mouche en question, mais, selon la description qu'il m'en avait faite, j'ai pu retracer dans le volume Streamers Fly Tying and Fishing, de Joe Bâtes jr., un streamer assez semblable baptisé du nom de Cains River Rainbow. Depuis, j'ai eu maintes fois l'occasion de pêcher efficacement l'achigan avec ce streamer aux couleurs très vives.

     La Cains River Rainbow n'est pas disponible dans les magasins d'articles de pêche. Cependant, je présume qu'un streamer Nos 2 ou 4 dont l'aile serait faite de plumes jaune et bleu ou jaune et vert pourrait être aussi productif.

À la mouche sèche:
     Dernièrement, Jean Brind'Amour me livrait ses commentaires sur les mouches que les pêcheurs de sa région, la Gatineau, utilisent pour taquiner l'achigan. Jean soulignait que pêcher ce poisson au popper ressemble étrangement à la pêche du saumon à la mouche sèche. La gerbe d'eau que soulève l'achigan qui attaque ce leurre est tout un spectacle, et le combat qu'il livre, tout aussi impressionnant! Dans la région de l'Outaouais, on a l'habitude d'utiliser deux poppers, soit la «Al-French» et la «Phoquette». Ceux-ci ont respectivement été présentés dans les éditions de juin 1988 et juin 1989, sous la rubrique Les mouches québécoises.
     Dans les magasins de pêche, on retrouve des poppers faits de bois, dont certains sont de couleur jaune avec une queue composée d'un hackle rouge ou jaune. Jean me précisait que ces poppers sont très efficaces en début de saison. Toutefois, pêcher l'achigan avec ce type d'artificielle requiert beaucoup de vigilance de la part du moucheur, car il arrive que le poisson attaque le popper dès que celui-ci apparaît à la surface de l'eau. Aux intéressés d'en faire l'expérience lors de la prochaine saison de pêche!

Un compromis réaliste

     Un choix aussi restreint d'artificielles pour pêcher la truite, le doré, le brochet et l'achigan demeure aléatoire. Évidemment, plusieurs facteurs sont à considérer, dont le type de plans d'eau péché et le temps de la saison, sachant que les situations de pêche varient sensiblement tout au long de l'été.
Cette sélection d'artificielles représente donc un compromis, mais un compromis réaliste basé sur de nombreuses observations et expériences de pêche fructueuses.

MOUCHES DISPONIBLES EN MAGASIN

TRUITE
Nvmphe Hare's Ear. N° 10, 12, 14, 16 (Noyée)
Muddler Minnow: N° 6, 8, 10, 12 (Noyée)
March Brown ou Hare's Ear novée: N° 12, 14 (Noyée)
Adams: N° 12, 14, 16 (Sèche)
Black Gnat: N° 12, 14, 16 (Sèche)
Bucktail Mickey Finn: Nos 2, 4 (Noyée)
BROCHET
Bucktail Mickey Finn en tandem (Noyée)
Imitation de souris (Sèche)
DORÉ
Neptune (Noyée)
Bucktail Mickey Finn (Noyée)
ACHIGAN
Popper jaune, jaune et vert, jaune et rouge (Sèche)

MOUCHES NON DISPONIBLES EN MAGASIN

TRUITE
Pheasant Tail (Noyée)
BROCHET
Mickey Finn «Tête de boule» (Noyée)
Imitation de grenouille (Sèche)
DORÉ
Marabou Sculpin Matuka (Noyée)
ACHIGAN
Streamer Cains River Rainbow   (Noyée)
Al-French (Sèche)
Phoquette (Sèche)

PARURES DES MOUCHES NON DISPONIBLES EN MAGASIN

GRENOUILLE

Fil: Vert.
Pattes: Hameçon : Mustad-Carlisle # 1, Poils de queue de chevreuil teints verts sur le dessus, poils de queue de chevreuil teints jaunes pour le dessus.
Corps: Hameçon Mustad Sproat 3366 # 3/0 ou 4/0, poils de corps de chevreuil teints jaunes, verts et noirs.

PHEASANT TAIL

Hameçon: Mustad 3906 # 12, 14, 16.
Queue: Trois ou quatre fibres de plume de queue de faisan doré.
Corps: Fibres de plume de queue de faisan doré.
Côtes: Fil métallique très fin.
Thorax (facultatif): fourrure de rat musqué.
Hackle: Plume de poule brune.

MARABOU SCULPIN MATUKA

Hameçon: Mustad-Limerick 3665A # 2; corps: fourrure de phoque teinte orange.
Côtes: Tinsel ovale moyen, or.
Ailes: Plumes de marabout, rouges en dessous et jaunes au-dessus.

STYLE MATUKA (l'aile est retenue sur le dessus du corps par quelques tours de tinsel)
Nageoires: Plumes de dos de faisan à collier.
Collerette: Poils de corps de chevreuil teints rouges.
Tête: Poils de corps de chevreuil teints jaunes.

CAINS RIVER RAINBOW STREAMER

Hameçon: Mustad-Limerick 3665A # 2.
Queue: Sections de plumes barrées de branchu.
Corps: Tinsel plat moyen, or.
Aile: Deux plumes de selle teintes bleu à l'intérieur, deux plumes de selle teintes jaunes
à l'extérieur.
Joues: Plumes de coq de Sonnerat.
Hackle: Plumes de selle jaunes, plumes de selle rouges entremêlées en collerette.

MICKEY FINN «TÊTE DE BOULE» EN TANDEM

Hameçon: Mustad 36890 # 2/0 ou 2, fil d'acier pour relier les deux hameçons.
Corps: Tinsel plat argent ou or.
Côtes: Tinsel ovale moyen, argent ou or.
Sous-ailes: Flashabou, argent ou or.
Aile: Poils de queue de chevreuil teints jaunes pour la section du dessous, poils de queue de chevreuil teints rouges pour la section médiane, poils de queue de chevreuil teints jaunes pour la section du dessus.
Tête: Chenille noire, chenille jaune ou rouge pour la ligne au-dessus des yeux.
Yeux: Grosseur moyenne.

Références

» Texte & Photo: Louis Tanguay (1990).
» Magazine Sentier Chasse & Pêche (Annuel de Pêche).

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