Hommage à Romain Boivin

Hommage à Romain Boivin Par André-A Bellemare
    La confrérie des saumoniers du Québec est en deuil depuis le décès de Romain Boivin, survenu le samedi 30 août 2008. Boivin, âgé de 81 ans, a été emporté par un cancer. Retraité d’Hydro-Québec depuis plusieurs années, il a habité pendant des décennies dans l’arrondissement de Charlesbourg de la Ville de Québec.

     C’est lui qui, en 1976, a eu l’idée de créer l’Association des pêcheurs sportifs de saumons du Québec (APSSQ), un groupement sans but lucratif dont il a été le premier président. L’APSSQ, dès sa première année, a réuni quelque 1500 saumoniers individuels du Québec, désireux de lutter pour l’accessibilité à tous des rivières à saumons de la province, et contre le braconnage éhonté qui était alors pratiqué dans plusieurs de ces rivières; l’association a aussi fermement travaillé à l’élimination progressive de la pêche commerciale au filet à l’embouchure des rivières du Québec.

     En 1984, l’APSSQ est devenue la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (%FQSA%). La pêche du saumon de l’Atlantique n’a plus jamais été pareille au Québec à cause de l’implication de Romain Boivin et des saumoniers qu’il avait réussi à regrouper.

     Boivin a été le premier chroniqueur régulier en chasse et pêche pour le Journal de Québec, lors de la création de ce quotidien, voilà près de 40 ans. Il a aussi été chroniqueur en chasse et pêche pour la station radiophonique CJLR, située à Sillery (ancêtre de la station CJRP du réseau Radio-Mutel).

     Par ailleurs, Romain Boivin était propriétaire-fondateur de la boutique Le Hobby du Pêcheur S.M. (sur la rue Powell de Duberger). Cette boutique spécialisée dans la vente exclusivement de matériel de montage de mouches et d’équipement pour la pêche à la mouche, était une rareté dans la province au début des années 1970. Boivin a aussi été longtemps pourvoyeur de pêche du saumon sur la Côte-Nord, à la Pourvoirie de la Haute-Moisie (nord-est de Sept-Îles); il était également pourvoyeur de pêche de l’omble de fontaine, ainsi que de chasse à l’orignal et à l’ours noir à la Pourvoirie du lac Fouquet, également située au nord-est de Sept-Îles. Mordu de pêche et de chasse, Boivin a aussi été propriétaire de quelques chalets privés de chasse et de pêche dans différentes régions du Québec, ce qui ne le retenait pas d’acheter des forfaits de pêche et de chasse dans les « parcs provinciaux » de l’époque. L’île d’Anticosti était l’une de ses destinations préférées.

    Pendant des années, Romain Boivin a oeuvré pour la résurrection, la restauration et le réaménagement de rivières à saumons : Jacques-Cartier, Escoumins, Etchemin, Ouelle, etc. Il était convaincu qu’il était possible de ramener le saumon de l’Atlantique dans ces rivières situées plus au centre du Québec, là où cette magnifique espèce de poissons proliférait jadis, pour le plus grand bénéfice des adeptes de la pêche à la ligne et de tous les citoyens des grandes agglomérations urbaines.

     Ce grand saumonier a reçu un nombre imposant de trophées, de prix et d’autres récompenses  dont le Prix Françoisde-Beaulieu-Gourdeau-Uitchitun — pour souligner ses efforts constants pour défendre la ressource saumon contre toute menace, surtout contre le braconnage et contre la pêche commerciale, et pour défendre aussi le droit des saumoniers du Québec d’accéder aux rivières coulant dans leur territoire national.

Références

» Texte et photos André-A Bellemare (2008).
» FQSA
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